TUNISIE
11/09/2019 19h:18 CET

Élection présidentielle: Hamma Hammami - "La Tunisie doit être indépendante dans ses choix diplomatiques"

Le candidat a présenté son programme pour l'élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain...

Le candidat de la Coalition du Front Populaire à l’élection présidentielle, Hamma Hammami était l’invité, mercredi, de la radio Mosaïque Fm afin de présenter son programme électoral. Celui-ci affirme vouloir faire de la lutte contre la corruption sa principale bataille.

Mise au point sur la pique envoyée à Youssef Chahed lors du débat télévisé

“Oui, j’ai dit que la corruption se trouvai à ma gauche et je visais par là le chef du gouvernement, pas personnellement mais en tant que représentant de l’institution. Je le visais lui en tant que chef du gouvernement, les ministres, l’administration (...)” affirme Hamma Hammami.

“J’ai dit cela parce que je pense que Youssef Chahed n’est pas en position de donner des leçons aux Tunisiens sur la corruption ou à dire aux Tunisiens ‘ne votez pas pour les corrompus’ parce que je considère que, quand il dit ça, c’est un appel à ne pas voter pour lui” martèle le candidat.

La lutte contre la corruption 

Pour Hamma Hammami, il faut une volonté politique pour combattre la corruption: “On ne peut pas lutter contre la corruption avec des corrompus, quand l’environnement proche est corrompu” dit-il promettant de faire appliquer les lois qui existent et qui ne sont pas pour le moment appliquées.

“Cela fait partie de mes prérogatives en tant que président car j’estime que la corruption menace la sécurité nationale. Dans le cadre du Conseil de sécurité national, je mettrai une stratégie pour lutter contre la corruption” estime le candidat. 

“Par ailleurs, il y a des choses à faire pour réformer l’administration, la numérisation, l’usage des nouvelles technologies pour ne laisser aucune place au trafic (...) Il faut aussi réformer la douane. Personne n’a voulu le faire” a-t-il déploré.

Hamma Hammami affirme avoir également une stratégie pour mettre fin à la contrebande. Celle-ci consiste à changer la monnaie du pays. 

“Cela obligera les contrebandiers à ramener leur argent en payant une taxe de 5 à 7% selon la somme et à les faire entrer dans l’économie formel” dit-il avant d’ajouter: “Hamma Hammami n’a peur d’aucun lobby, aucune famille et d’aucune mafia”.

La réforme sécuritaire

“Aucune institution sécuritaire n’a été réformée (...) Nous voulons mettre en place une nouvelle doctrine militaire, c’est l’armée républicaine. Pour moi, il faut restructurer l’armée pour faire en sorte qu’elle se développe plus pour devenir plus professionnelle et plus compétente” déclare le candidat de la Coalition du Front Populaire.

Autre proposition: la création d’une noyau industriel militaire tunisien.

“L’argent pour mettre en place ce projet viendra de la lutte contre la corruption et contre l’évasion fiscale” assure-t-il.

“Aujourd’hui le crime organisé est plus présent que jamais (...) Pour moi, ce n’est pas seulement à la police d’intervenir, il faut trouver les causes et y remédier. C’est pour ça que nous proposons une doctrine sécuritaire complète qui comprend la sécurité alimentaire, énergétique, culturelle, environnementale, celle liée à l’eau, celle liée à la recherche scientifique et technologique, et bien sûr la sécurité dans son sens stricte” déclare-t-il.

C’est donc en trouvant des solutions à la situation sociale, économique, culturelle et sanitaire que le candidat trouvera des solutions à la situation sécuritaire.

“Pour moi, ceux qui axent seulement sur la sécurité au sens stricte sont dangereux pour les libertés et la démocratie, parce qu’ils ne voient que le bâton pour mener le peuple” a-t-il martelé.

Dévoiler la vérité

“Je m’engage à dévoiler la vérité sur les assassinats politiques et notamment dans les affaires de mes frères Chokri Belaid et Mohamed Brahmi” a assuré Hamma Hammami affirmant que la vérité est connue de tous mais qu’il existe un manque de volonté politique pour la révéler.

“Ils ne veulent pas restaurer les relations avec la Syrie pour éviter que la vérité n’éclate” dit-il.

Une nouvelle doctrine diplomatique

“Je propose une nouvelle doctrine diplomatique, à savoir, arrêter de suivre les décisions venant de l’étranger, de l’Union Européenne ou de pôles régionaux” annonce le candidat avant d’ajouter: “Il faut que l’on soit indépendants dans nos choix diplomatiques pour repositionner la Tunisie régionalement et internationalement”.

“Je propose également de sortir de la coalition islamique, la restauration des relations diplomatiques avec la Syrie, la criminalisation de la normalisation avec l’entité sioniste (...) et je serai pour la résistance palestinienne” liste-t-il.

“Enfin, il faudra diversifier nos partenaires internationaux pour ne pas rester sous le parapluie européen”. 

Arrêt des négociations concernant l’ALECA

“On doit arrêter les négociations au plus vite (...) L’UTAP le refuse, la société civile le refuse, l’UGTT le refuse. Au bout du compte, elle ne fera que venir ajouter des problèmes à la Tunisie

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