TUNISIE
05/08/2019 09h:25 CET | Actualisé 05/08/2019 09h:25 CET

Élection présidentielle: Ennahdha n'arrive pas à se décider sur son candidat

Candidat externe vs candidat interne...

Getty Editorial

Réuni ce week-end, le conseil de la Choura d’Ennahdha n’a pas réussi à trancher sur le nom de son candidat à l’élection présidentielle du 15 septembre prochain repoussant à mardi sa décision finale.

Deux clans se sont affrontés samedi et dimanche matin, créant des tensions encore plus fortes au sein d’un parti déjà ébranlé par les interventions du président du parti Rached Ghannouchi dans la nomination de têtes de liste pour les élections législatives.

Candidat du parti vs candidat externe

Lors du conseil de la Choura, deux clans se sont affrontés: d’un côté ceux qui prônent la candidature d’un membre du parti -où plusieurs personnalités se seraient proposées à l’instar d’Ali Laarayedh, Abdelatif Mekki et où d’autres ont été proposés comme Abdelfattah Mourou-, de l’autre ceux qui prônent le soutien à un candidat externe.

À couteaux tirés, les discussions ont été tendues. “Si l’on devait choisir quelqu’un de l’intérieur du parti, il faut que ce soit le président, Rached Ghannouchi. S’il ne souhaite pas se porter candidat alors on devra soutenir quelqu’un de l’extérieur du parti, et ce, pour une simple raison: Aucun autre candidat interne ne pourra gagner même s’il est présidentiable” affirme un membre du Conseil de la Choura au HuffPost Tunisie.

Si le président d’Ennahdha ne souhaite vraisemblablement pas se porter candidat, le choix d’un candidat externe est tout aussi épineux: “Qui soutenir? Nous n’avons pas beaucoup de choix. Il faut que ce soit un candidat crédible, qui ait des chances de gagner et qui puisse avoir une présence confortable à l’ARP. Je n’en vois que trois: Nabil Karoui et Youssef Chahed grâce à leurs partis et Abdelkrim Zbidi, qui ferait consensus”.

Mais là encore, les dissensions sont grandes, certains souhaitant soutenir des candidats “qui ont l’ADN du parti” à l’instar de ce qui avait été fait en 2014 avec Moncef Marzouki.

Quel candidat de l’intérieur du parti: Ghannouchi ou personne?

Le problème selon ce membre du Conseil de la Choura, c’est qu’aujourd’hui certains à l’intérieur du parti “font dans l’émotion alors que l’on doit privilégier la realpolitik”.

En effet, si Rached Ghannouchi ne souhaite pas se porter candidat, ses proches verraient mal un candidat du parti autre que lui dans la course à l’investiture suprême. “Pire, avec les montagnes russes de ces élections et des résultats des sondages, qui ne montrent pas de tendances claires, un candidat du parti autre que Ghannouchi pourrait se retrouver au deuxième tour. Ce serait un coup de massue pour lui et pour son image au sein du parti déjà affectée”.

C’est bien là le principal noeud du problème à l’intérieur du Conseil de la Choura, car si le parti est disposé à envoyer l’un de ses membres à la course à la présidentielle -car “il est temps d’assumer le pouvoir”- l’égo du président d’Ennahdha “freine toute ambition d’aller de l’avant”.

“Il ne souhaite pas -et nous ne souhaitons pas- qu’il se porte candidat car une défaite ou un mauvais résultat pourraient lui coûter et nous coûter cher, mais il ne souhaite pas que quelqu’un du parti se présente. À un moment, il faut faire un choix” dit-il avant de conclure: “Certains adversaires politiques pensent que ces tensions nous affecterons. Cela ne sera pas le cas. C’est même un signe de bonne santé démocratique au sein du parti, car au bout du compte, on peut ne pas être contents ou s’emporter mais quoiqu’il arrive, ça reste dans un cadre institutionnel, et tout le monde acceptera la décision issue du Conseil de la Choura”.

Le mois dernier, le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi avait déjà créé des tensions au sein du parti en changeant plusieurs têtes de liste dans différentes circonscriptions électorales pour les élections législatives de 2019. Cette décision avait entrainé une levée de boucliers de la part de plusieurs membres du parti à l’instar d’Abdelattif Mekki, Samir Dilou ou encore Hatem Boulabiar, qui avaient reproché au président du parti de ne pas prendre en considération le choix des militants qui avaient voté pour leurs têtes de liste.

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