TUNISIE
11/09/2019 13h:40 CET

Élection présidentielle - Abid Briki: "Il faut un militaire à la tête du ministère de la Défense"

Le candidat est revenu sur Diwan Fm sur ses principales priorités s'il parvenait à être président de la République.

Le candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Abid Briki, était l’invité, mercredi, de la radio Diwan Fm afin de présenter son programme électoral. Parmi ses priorités, celui-ci propose notamment une réforme du système de défense nationale et la mise en place d’un régime présidentiel.

Un militaire à la tête du ministère de la Défense

″Il faut réformer le système de défense nationale afin d’améliorer son efficacité. Les services de renseignements doivent être améliorés, la situation financière des agents et des militaires doit être améliorée” a affirmé le candidat appelant à mettre un “spécialiste”à la tête du ministère de la Défense, capable de “faire évoluer” son organisation, et ce afin “d’éviter certaines erreurs que nous avons fait dans le passé. Il faut que ce soit un militaire, un général”.

Pour la création d’une agence nationale du renseignement

“Je suis pour la création d’une agence nationale du renseignement mais il faut que son travail ne soit pas celui des services de renseignement que l’on a connu par le passé, et qui se spécialisaient dans l’espionnage des citoyens”

Garant de l’unité entre les citoyens

“Les dangers qui nous entourent ne viennent pas de notre environnement régional. Je pense qu’il faut que l’on créé entre nous, les Tunisiens, une unité qui permette de mettre de côté tout ce qui est capable de nous diviser et notamment les discriminations régionales et religieuses qui ont fait le lit de plusieurs acteurs politiques” affirme Abid Briki ajoutant qu’il prendra le mesures nécessaire pour “rapprocher les institutions présidentielle et gouvernementales du citoyen (...) Si nous réussissons cela, nous garantirons des décisions souveraines et nous ne serons plus impactés par notre environnement régional”.

La question Libyenne et algérienne

“La première priorité du président de la République doit être la Libye (...) Il faudra pousser vers un dialogue qui permettre de sortir de la crise. Il faudra que la Tunisie pèse de tout son poids pour une telle solution” préconise Briki.

“L’Algérie également connait une crise (...) Il faut que l’on intervienne en proposant notre expérience afin d’éviter que ce pays ne plonge, ce qui pourrait avoir des conséquences sur tout le monde arabe” dit-il.

Appliquer la loi antiterroristes à ceux qui rentrent des zones de conflit

“Celui qui rentre des zones de conflit doit être sujet à la loi contre le terrorisme. Nous avons une loi, il faudra l’appliquer. On ne peut pas empêcher un citoyen de rentrer dans son pays, mais on se doit d’appliquer la loi”.

La sécurité alimentaire et l’accès à l’eau 

“La question de la sécurité en terme d’accès à l’eau fait partie des prérogatives du gouvernement mais il serait faux de penser que la sécurité nationale ne concerne que les questions sécuritaires. On ne peut pas avoir de sécurité nationale sans sécurité alimentaire, sociale, liée à l’eau ou environnementale. Le président doit présenter des propositions émanant de l’ITES au conseil des ministres” affirme Abid Briki expliquant que le président de la République doit être une “force de proposition dans tous les domaines liées au développement de notre pays”.

Utiliser les institutions sous tutelle

Tout comme l’ITES en matière d’études, le candidat à l’élection présidentielle préconise l’utilisation des autres institutions à sa disposition dans divers domaines: “Le président de la République doit aussi avoir son mot à dire sur la lutte contre la corruption à travers le contrôle administratif (...) Il faut que le président utilise cet outil pour faire des propositions au conseil des ministres”.

Idem au niveau des libertés individuelles: “Le président de la République est le protecteur des libertés. Si les libertés ne sont pas garanties, cela pourrait menacer la sécurité. Celui-ci a sous sa main le Comité Supérieur des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales pour faire des propositions”.

Dévoiler la vérité

“Il faudra lever le voile sur l’appareil sécuritaire secret, les assassinats politiques, l’envoie des jeunes dans les zones de conflits, les évènements du 4 décembre et du 9 avril” car ces dossiers peuvent être dangereux pour la sécurité du pays si la vérité n’est pas révélée. “Cela évitera à ce qu’à chaque fois, on utilise ces dossiers à certaines fins. Il faut en finir une fois pour toute”.

Faire une évaluation des accords de partenariats

“Il faudra faire une évaluation des accords de partenariats signés par le passé comme l’accord de 1995 avec l’Union Européenne. Il faut voir si en avons tiré des bénéfices. Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi continuer dans une expérience qui nous porte préjudice?”

L’ALECA

“Pour revenir à la table des négociations, ils ne doivent pas nous imposer des conditions préalables (...) Ce projet d’accord ne doit pas être la base sur laquelle discuter. Notre agriculture ne doit pas être touchée par cet accord”

Le Maghreb Arabe

“Je suis convaincu par le Maghreb Arabe, mais il faut commencer d’abord par développer nos relations avec l’Algérie”

“Commençons d’abord par enlever la circulation sur la base du passeport entre nos deux pays (...) Cela sera un point de départ”

 

3 priorités en matière de relations étrangères

- Mettre une femme à la tête du ministère des Affaires étrangères: “Même au niveau du corps diplomatique, il faut que la moitié des ambassadeurs soient des femmes afin d’appliquer le principe d’égalité et de parité”

- Faire la lumière sur la disparition de Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari et retrouver l’identité des migrants morts en mer et échoués en Tunisie.

- Mettre à jour les bases de données dans les ambassades et consulats afin de pouvoir appuyer notre économie et de pouvoir aiguiller les investisseurs potentiels.

Le régime politique

“Cette question doit donner lieu à un dialogue national avec tous les acteurs. Nous avons mis en place ce régime comme réaction au régime de Ben Ali, sauf que son régime n’était pas présidentiel mais présidentialiste. Le régime présidentiel n’est pas toujours mauvais et je défendrai cette idée”

Le rôle de la première dame

“Elle doit être une citoyenne comme les autres”.

 

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