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06/10/2019 21h:23 CET | Actualisé 06/10/2019 21h:23 CET

Élection législative - Beaucoup de dépassements électoraux: L'ISIE va-t-elle sévir ou doit-on s'y habituer?

Doit-on s’habituer à cela?

FETHI BELAID via Getty Images

Beaucoup d’irrégularités électorales ont été observées ou relayées aujourd’hui sur les réseaux sociaux.

  • Une page officiel d’Ennahda nommé “Ennahdha+” utilisant 28 publications sponsorisés sur Facebook et Google Ads pendant le silence électorale et le jour même du scrutin.

Amine Snoussi
Des exemples de contenu sponsorisé par Ennahdha +
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  • Des perturbations des centres de votes a l’Etranger par des supporters de football, notamment à Pantin et à Paris.

 

  • Des campagnes ont été menées par messages téléphoniques: plusieurs personnes en France ont reçu des appels au vote pour Slim Riahi (candidat sur France 1) de la part d’un numéro de téléphone nommé “TN Patriote” mais également “FRClubiste” tandis qu’en Tunisie, c’est des messages appelant à voter pour Ennahda insistant sur “l’importance de chaque voix”.

Amine Snoussi
Capture écran
Amine Snoussi
Capture écran

 

Culture de la régularité  

L’ISIE est réputée comme institution intègre et essentielle à la transition démocratique, de par son activité régulière dans l’inclusion de l’ensemble des citoyens dans le processus électoral. Néanmoins, s’agissant des offensives, l’ISIE reste timide. Certains partis politiques orchestrent des dépassements électoraux depuis 2011, mais pour la finalité peut-être institutionnelle, on accepte un certain “seuil” de dépassements.

Alors, aujourd’hui, avons nous dépassé ce seuil? Telle est la question. Quelle influence auront ces campagnes sur le prochain parlement et la nomination du prochain gouvernement?

Pourquoi des dépassement?

Un intérêt existe aux dépassements électoraux qui ont eu lieu aujourd’hui: Le rappel, un outil communautaire fort pour resserrer les troupes et éviter des désistements. Surtout dans un contexte d’abstention généralisé, c’est tout l’intérêt des partis de masse de mobiliser leurs militants car ils se structurent comme des communautés fermées qu’on compare souvent à des “sectes”.

- Pour Slim Riahi, qui n’est réapparu sur la scène que récemment, les SMS servent de rappel. Rappel pour sa candidature mais également pour son passé Clubiste. C’est là que l’intérêt communautaire réside, surtout pour l’indécis.

- Ennahda, un parti habitué aux SMS. Cela sert de mobilisation de sa communauté, qui suit une discipline centrale rigide et qui a l’habitude des institutions.

Ce qui n’effraie pas Ennahda dont les militants respectent la “centralité” du Parti et rares sont les SMS qui fuitent sur les réseaux. Pour Slim Riahi, ce fut un peu plus difficile de faire rallier ses troupes.

Conséquences

Après la révolution, les deux premiers scrutins ne pouvaient être discutés. Il était nécéssaire d’assurer et d’étendre la confiance dans le système démocratique, par souci de continuité. Néanmoins, les dépassements d’aujourd’hui restent un mystère: doit-on s’habituer à cela? Y a t-il un seuil de dépassements minimums à accepter?

Si on applique strictement le code électoral, Ennahda et Slim Riahi devraient se voir retirer leurs listes dans les circonscriptions où ils ont commis des infractions électorale. Mais si les infractions sont commises à l’échelle nationale comme ceux d’Ennahda, sont-ils encore légitimes?

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