MAROC
13/01/2019 16h:31 CET

El Othmani : "Soutenir Hamidine n'est pas une réaction sentimentale"

Contre les critiques d'ingérence dans une affaire de justice, El Othmani réitère les arguments de son parti.

PJD.ma

PARTIS - L’affaire Abdelali Hamidine n’est pas passée inaperçue à la session ordinaire du Conseil national du PJD. Au cours de celle-ci, qui s’est tenue, hier à Salé, le secrétaire général du PJD et chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, a tenu à réitérer le soutien du parti à “notre frère Hamidine”.

Un soutien dont il tient à défendre la légitimité. “Ce n’est pas une solidarité au nom du parti, des sentiments ou d’une réaction. Nous le faisons par conviction et nous nous sommes déjà expliqués sur cela en toute clarté”, a-t-il insisté à la fin de son discours devant les membres du parlement du PJD, sous une salve d’applaudissements. 

Pour El Othmani, dont on critiquait l’ingérence du parti dans une affaire judiciaire, “s’il faut réitérer nos arguments, nous le ferons”, a-t-il affirmé, exprimant sa reconnaissance envers “les avocats qui se sont volontairement présentés pour défendre Hamidine. “Nous remercions ces avocats qu’ils soient membres ou non du PJD ainsi que les intellectuels, journalistes et défenseurs des droits de l’homme qui ont exprimé leur position quant à cette affaire”, a ajouté le SG du PJD.  Et de préciser qu’“il n’y a pas d’équivoque, pour nous, dans cette affaire. Nous ne défendons pas seulement Hamidine, mais surtout les jugements émis par la justice et les principes du procès équitable. Nous continuerons à le faire pour Hamidine et pour tout membre du PJD ou tout autre citoyen”, a-t-il conclu. 

Reporté au 12 février, le procès de Hamidine, qui s’est ouvert le 25 décembre à Fès, a mis en état d’alerte le parti de la Lampe. le leader et député du PJD est poursuivi pour “participation à un meurtre prémédité”, suite à une plainte déposée auprès du juge d’instruction près la cour d’appel de Fès, par la famille Aït Ljid. Celle-ci a saisi la justice, plusieurs fois contre Hamidine, l’accusant d’être à l’origine du décès de Mohamed Aït Ljid Benaïssa en 1993. L’étudiant qui, au cours des violences ayant secoué à l’époque l’université Dhar Al Mehrez à Fès, avait trouvé la mort suite aux affrontements entre gauchistes et islamistes, dont Hamidine faisait partie.

Une affaire qui avait déjà fait l’objet d’un verdict. Le parti l’a rappelé qualifiant d’“infondée” cette nouvelle poursuite et que Hamidine avait déjà été jugé et condamné durant l’année des faits, à deux ans de prison ferme par la Chambre criminelle près la cour d’appel de Fès. Il avait été reconnu coupable de “participation à une réunion séditieuse au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entraîné la mort”. Et, à la suite d’un arbitrage de l’Instance équité et réconciliation (IER) ayant remis en cause “l’aspect autoritaire” de la détention de Hamidine à l’époque, ce dernier avait eu droit à une indemnité de 82.900 dirhams en réparation des “transgressions” subies. 

Le PJD a constitué un comité de soutien coordonné par le ministre d’Etat chargé des droits de l’homme, Mustapha Ramid, pour défendre Hamidine et remettre en cause cette nouvelle poursuite.