10/01/2019 17h:51 CET | Actualisé 10/01/2019 17h:51 CET

El Othmani rassure les commerçants en suspendant les mesures fiscales

Ils sont contraints de disposer d’une facturation pour toutes leurs marchandises.

Saad-Eddine El Othmani/Facebook

COMMERCE - “Nous ne prendrons aucune mesure contre l’intérêt des commerçants et plus particulièrement les petits commerçants, ils sont le pilier de l’économie nationale”. Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile rassure les commerçants, à l’issue du conseil de gouvernement tenu ce jeudi et dont le point de départ a été de répondre à la colère des commerçants. A travers leurs syndicats et organisations professionnelles, ces derniers se sont insurgés contre les nouvelles mesures fiscales les contraignant de disposer d’une facturation pour toutes leurs marchandises sans quoi les services de douanes seront en droit de précéder à la saisie.

Il est question de “nouvelles mesures relatives au système informatique de facturation”, a indiqué, mardi, la Direction Générale des Impôts (DGI), dans une mise au point relayée par le ministère de l’Economie et des Finances. Dans celle-ci, l’on précise que ces mesures “ne sont pas encore entrées en vigueur et ne seront appliquées qu’après la publication du décret réglementaire”.

Par la même voix, la DGI a aussi souligné que “la facturation concerne uniquement les professionnels soumis au contrôle financier et ne s’applique nullement aux commerçants et prestataires de services soumis au système forfaitaire”. 

Une réaction à l’inquiétude des commerçants dont certains ont eu l’idée de porter des gilets jaunes pour protester, notamment à Meknès où ils se sont rassemblés par centaines le lundi 7 janvier.

Le gouvernement, lui, n’a pas tardé à se montrer sensible à leurs doléances annonçant, ce jeudi, qu’il fait machine arrière. Dans un communiqué de la Primature, le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, a brandi le drapeau blanc, affirmant “la suspension des dernières mesures qui ont suscité des réactions dans différentes villes, jusqu’à ce qu’il y ait un échange direct entre les secteurs gouvernementaux concernés et l’ensemble des parties représentant cette catégorie”. 

El Othmani veut un consensus avant de relancer la machine sur laquelle il a dit “veiller personnellement” durant sa réunion avec ses ministres. Il assure le suivi de très près, souligne le communiqué, auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, de celui de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, Moulay Hafid Elalamy et celui de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Tous sont appelés à mener ce chantier en commun accord avec les concernés et éviter “toute déviation administrative”.

Il a tenu à préciser que “les nouvelles mesures ne concernent pas les petits commerçants, dont les épiceries et les crèmeries, étant donné qu’ils sont soumis au régime de la déclaration d’impôt forfaitaire”. Pour El Othmani, “il ne faut pas croire tout ce qui circule dans certains sites et dans les réseaux sociaux”.

El Othmani a annoncé, à l’occasion, que le lundi prochain, 14 janvier, se tiendra une réunion entre la DGI et l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) et les représentants des commerçants. L’ordre du jour sera de “débattre de tous les sujets et traiter toutes les difficultés liées à la question”, afin de faire “le point sur les préjudices” que pourraient subir les commerçants pour “les régler”. 

Une autre réunion est prévue le mercredi 16 janvier. Celle-ci a été annoncée par le ministre de l’Industrie qui, “dans le cadre du suivi des revendications des commerçants par la tutelle du secteur”, a précisé que cette réunion se tiendra avec les chambres de commerce et d’industrie et les représentants des commerçants, en présence de la DGI et des Douanes. “Cette réunion qui amorce le dialogue entre les parties concernées, fait suite à l’appel lancé par le ministre aux commerçants pour présenter leurs revendications de façon organisée, à travers les Chambres de commerces et les associations professionnelles des commerçants”, avait précisé un communiqué du département de l’Industrie.

En plus de ces réunions, le chef du gouvernement a affirmé avoir reçu, de son côté, des mémorandums qui lui ont été adressés par des associations professionnelles, des organisations et des syndicats auxquels il promet d’accorder tout l’intérêt nécessaire. El Othmani s’est dit, en tout cas, “prêt à étudier toutes les propositions dans le but d’aboutir à des solutions équilibrées prenant compte des intérêts des commerçants, des entreprises et de l’économie nationale par le biais d’un dialogue sincère et constructif”.