26/11/2018 17h:58 CET | Actualisé 26/11/2018 17h:58 CET

Saad-Eddine El Othmani: "Le Maroc n'est pas en crise économique"

La séance mensuelle de politique générale a été consacrée au climat des affaires au Maroc.

Le chef du gouvernement marocain Saad-Eddine El Othmani, à Rabat, le 19 avril 2017 |FADEL SENNA

PARLEMENT - C’est un homme confiant. Le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani est venu transmettre un message, ce lundi, à la Chambre des représentants: “tous les indicateurs montrent que le Maroc connait un développement. Ceux qui prétendent que nous sommes en crise, que l’investissement recule... font circuler des rumeurs infondées”. 

À la séance mensuelle de politique générale, dont l’ordre du jour a été consacré au climat des affaires au Maroc, El Othmani a rappelé plusieurs chiffres pour preuves tangibles de son message inaugural. Il a ainsi estimé que le classement du Maroc par Doing Business, le baromètre mondial de l’environnement des affaires, à la 60ème place, représente une reconnaissance de la bonne santé de l’économie marocaine. Dans ce classement, le Maroc a, en effet, réussi un bond de 9 points entre révisions des données (+5 places) et réformes (+4). Ce qui, pour El Othmani, ne laisse aucun doute sur la réalisation de l’objectif du royaume d’intégrer la cour des grands, en figurant dans le top 50 de ce baromètre. “C’est un objectif ambitieux qui nécessite la mobilisation de tous les acteurs et partenaires dans le secteur public et privé ainsi que l’institution législative et les organismes concernés”, a-t-il déclaré. 

Autre bon indice évoqué par le chef du gouvernement: le flux des Investissements directs étrangers (IDE). “Ils se sont établis au 30 septembre dernier à 27 milliards de dirhams”, s’est-il réjoui, estimant que le but du Maroc d’atteindre 34MMDH à la fin de cette année “sera dépassé”. 

Pour El Othmani, ce progrès est à mettre sur le compte de deux points fondamentaux: le Comité national de l’environnement des affaires (CNEA) et les réformes. Annonçant qu’il présidera bientôt sa dixième réunion annuelle, il a souligné que ce comité se penche actuellement sur “l’élaboration d’une vision globale pour mettre en place une stratégie nationale de l’amélioration de l’environnement des affaires à moyen terme”.

Entre autres mesures que ce comité est appelé à adopter: mettre en place des outils électroniques lui permettant de rester à l’écoute des PME en permettant à celles-ci de s’exprimer surtout sur les difficultés constatées dans l’environnement des affaires. Ce comité devra aussi créer un baromètre pour évaluer justement ce climat des affaires au Maroc en partenariat avec le secteur privé. Un projet qui, pour El Othmani, offre aux deux parties, privé et public, l’opportunité de travailler ensemble pour la croissance économique et la création d’emplois. 

Faciliter la vie aux PME, c’est la clé de la croissance économique dont le chef du gouvernement se montre convaincu. Il en fait l’un de ses principaux objectifs en s’engageant à les assister et les aider à réaliser leurs projets dans “un cadre sûr et motivant”. Pour cela, des réformes sont sur la liste d’El Othmani. Il annonce, entre autres, que dès l’année prochaine, “il y aura zéro papier pour ce qui est des procédures douanières qui seront complètement dématérialisées”, déclare-t-il avec enthousiasme. Et d’ajouter que la digitalisation concernera également la création d’entreprise qui se fera désormais en quelques clics. 

Autres réforme annoncée par El Othmani: la charte de l’investissement. “Elle a tardé”, a-t-il reconnu, promettant que ce chantier sera accéléré pour l’importance qu’il représente. Cette charte servira de cadre juridique mais aussi à promouvoir l’investissement, l’attractivité et la compétitivité du Maroc.

Le chef du gouvernement compte sur le Parlement pour accélérer la cadence de ces réformes affirmant que les députés ont un rôle déterminant sur ce volet.