ALGÉRIE
08/09/2019 08h:09 CET

El Hadjar, un “fleuron” industriel qui coûte des milliards au pays à l’arrêt: le SG du syndicat parle de “conspiration”

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Hadjar

Les activités du haut fourneau numéro 2 du complexe sidérurgique El-Hadjar “suspendues” pour défaut de matière première, du fer brut ? C’est ce qu’a affirmé le PDG par intérim, Lotfi Manaa. C’est faux, réplique le secrétaire général du syndicat d’El Hadjar, Riad Djemaï, dans une déclaration au journal El Khabar.

 “Il est déraisonnable d’arrêter le haut-fourneau n°2 dans le contexte actuel alors que les entrepôts de stockage sont pleins de matière première” a-t-il déclaré. Le SG du syndicat n’hésite pas à parler, selon El Khabar, de “conspiration” destinée à affaiblir le complexe sidérurgique et créer des difficultés financières qui menaceraient les salaires des travailleurs.

Selon le journal, une commission d’enquête de “haut niveau” dépêchée par le ministère de l’industrie et des mines va arriver incessamment au complexe d’El Hadjar suite à un “rapport noir” envoyé par le SG du syndicat aux responsables du groupe Sider et Imetal portant sur la situation “catastrophe” dans les différents ateliers de production et la suspension “inattendue” du haut fourneaux n°2 sous le prétexte “d’épuisement” de la matière première qui provient des mines de Ouenza, à Tébessa. 

L’équipe gestionnaire en “vacance”

Le syndicat a décidé de saisir les différentes parties responsables locales et au niveau central en l’absence d’interlocuteur au niveau du complexe. Selon le SG du syndicat, le DG qui se “trouve en congé dans le pays” a autorisé à la plupart de l’équipe gestionnaire de partir collectivement en congé au début du mois d’août “en dépit des mises en garde des conséquences de cette décision non mesurée qui a vidé le complexe de ses équipes gestionnaires…”.

 Une situation qui a entraîné un “vide administratif” qui n’a pas permis de faire face aux irrégularités de l’arrivée de la matière première. Cette tournure inquiétante au niveau du complexe sidérurgique intervient alors que “37 responsables et cadres dirigeants en activité au complexe sidérurgique – Sider El Hadjar –­ de Annaba ont été auditionnés par la brigade de recherche et d’investigation, relevant du groupement de la Gendarmerie nationale de Annaba” rapporte EL Watan.

Dans la panade

Privatisé dans des conditions des plus contestables au profit de Lakshmi Mittal, le complexe sidérurgique d’El Hadjar a été “renationalisé” en 2013 via une augmentation du capital social de l’entreprise adossé à un plan d’investissement de 763 millions de dollars. Le complexe qualifié de “fleuron” de l’industrie algérienne a englouti beaucoup d’argent et a été, souvent, le théâtre de batailles confuses.

La “suspension” du haut fourneau N° 2 du complexe sidérurgique El-Hadjar intervient alors que le complexe sidérurgique de Bellara (Jijel) va entrer en production au mois de novembre prochain.

C’est un investissement de 2 milliards de dollars, fruit d’un partenariat entre Qatar Steel international (49%), le Groupe Imetal (46%) et le Fonds national d’investissements FNI (5%). Il comprend 10 unités de production, deux fours électriques, une station de gaz naturel, un transformateur électrique, une usine de chaux et une unité de traitement des eaux.