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02/05/2019 11h:24 CET | Actualisé 02/05/2019 11h:24 CET

El Barrah

Après ce printemps heureux, autre moment sacré dans la vie algérienne, le moment juste après le  ftour (repas) durant Ramadan quand le soir tombe et que le parfum de la soupe, de l’eau de fleur d’oranger du tajine embaume la maison.

Harira ou chorba, maakouda, bourek, tagine sucré-salé, cannelle, cumin, safran, ras el hanout, gingembre, coriandre… voilà que vont bientôt s’égrainer les mots du Ramadan dans la presse algérienne avec le programme TV.

L’année dernière on a vu le retour de Beyouna avec Bab el Edchra (la porte du village) qui racontait le quotidien d’un village menacé de destruction. Bab Dechra, se voulait une satire sociale qui ironisait sur le vécu des algériens . 

On a pu voir aussi voir El Khawa (les frères) qui parlait d’une saga d’une fratrie qui se déchire à cause de l’ héritage d’un père, homme d’affaires riche et célèbre , tout cela sur fond de secret de famille, de trafic de drogue et de luttes de gangs (tiens, tiens) . 

Bou Groune  parodiait de Game of trône (celui qui a des cornes) en dialectal algérien. L’histoire d’une reine qui se déroule, il y a 30.000 ans avant notre ère et qui voyage dans le temps. La série a été critiquée, entre autres, pour les noms, pourtant savoureux, donnés aux personnages : Bouzoulouf »(tête de mouton),  Loubia (haricots ou fayots c’est selon) , “Douara” (tripes) ... etc.

Avec Achour El Acher de Djaffer Kacem, inspiré de Kamelot, était une satire politique (en dialectal ) qui permettait de suivre les tribulations du Sultan Achour et de sa famille qui régnaient sur le royaume achourite, satire où on évoquait en 2017 la drogue (déjà ?) , les fuites au bac ou encore les défaillances du système médical en Algérie.

Alors trafics de drogue, hommes d’affaires corrompus, problèmes de logement, luttes de gangs, et histoire d’un sultan et de sa famille …

Qui a dit que les séries télévisées ne parlaient pas du pays et de ses fossoyeurs de l’ombre dont on espère qu’ils retourneront à la nuit, celle des passages sombres et des impasses étroites. Alors le voile de brume sur la mer sera léger comme un battement de cils qui brisera le temps des tapis enfouis avec leurs poussières destructrices.