MAGHREB
20/11/2013 05h:07 CET | Actualisé 20/11/2013 05h:08 CET

Egypte: Nouvel attentat contre l'armée dans le Sinaï, 10 soldats tués

AFP

Au moins 10 soldats égyptiens ont été tués mercredi dans un attentat à la voiture piégée qui a visé un convoi militaire dans le Sinaï, péninsule limitrophe d'Israël et de la bande de Gaza, ont indiqué les services de sécurité.

Cette attaque, qui a également fait 35 blessés, dont certains graves, a eu lieu près de la ville d'Al-Arich, capitale régionale du Nord-Sinaï, où les attaques contre les forces de l'ordre se multiplient depuis la destitution début juillet du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée.

Les soldats se rendaient à Rafah

Ces attaques quasi-quotidiennes ont fait des dizaines de morts parmi la police et l'armée dans tout le pays, en particulier dans le Sinaï (nord-est).

L'Egypte, qui a déployé des forces supplémentaires au début de l'été pour lutter contre les groupes armés dans cette région essentiellement désertique, affirme régulièrement abattre des "terroristes" dans cette péninsule aux rapports de longue date tendus avec le pouvoir.

Le gouvernement intérimaire mis en place par l'armée accuse les groupes islamistes pro-Morsi d'en être les auteurs.

L'attaque "la plus violente et au bilan le plus élevé depuis le 19 août"

Cinq jours après la dispersion dans un bain de sang de rassemblements pro-Morsi au Caire, le 19 août, l'attaque la plus meurtrière depuis des années contre les forces de l'ordre avait ainsi lieu dans le Sinaï, avec 25 policiers tués.

Des mouvements armés clandestins jihadistes, parfois liés à Al Qaïda, ont revendiqué la plupart des attaques, en représailles, selon eux, à la répression sanglante qui s'est abattue sur les manifestants réclamant le retour de M. Morsi.

Depuis le 14 août, date à laquelle policiers et soldats ont tué des centaines de manifestants pro-Morsi au Caire, plus d'un millier d'entre eux ont été tués à l'occasion de rassemblements.

Plus de 2.000 Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi qui avait largement remporté les législatives de fin 2011, ont également été arrêtés depuis la mi-août, dont leurs principaux dirigeants, qui doivent être jugés, à l'instar de M. Morsi, notamment pour meurtres ou incitation au meurtre.

"Les attentats terroristes dans le Nord-Sinaï ne peuvent être stoppés par des mesures de sécurité seules. A cause de la privation des droits civiques et des abus, beaucoup de locaux soutiennent les jihadistes"

Mardi soir, des violences se sont aussi produites dans la capitale, faisant un mort et plusieurs blessés entre pro et anti-armée place Tahrir. Pour la première fois depuis début juillet, il ne s'agissait pas de manifestations islamistes mais de mouvements de la jeunesse, hostiles aux militaires comme aux Frères musulmans, qui ont mobilisé contre le nouveau pouvoir.

Des centaines de manifestants étaient venus commémorer le 19 novembre 2011, premier jour d'une semaine sanglante durant laquelle une quarantaine de manifestants, hostiles au pouvoir intérimaire de l'armée après la chute de Hosni Moubarak, avaient été tués par les forces de l'ordre aux abords de la place Tahrir, en plein centre de la capitale.

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