TUNISIE
19/09/2018 16h:32 CET

Égalité dans l'héritage: Quand l'exemple tunisien inspire la société civile algérienne

L'égalité dans l'héritage sur le devant de la scène.

NurPhoto via Getty Images
Une femme algérienne porte le drapeau algérien lors d'une marche tenue à Tunis, en Tunisie, pour réclamer l'égalité des droits en matière de succession et l'égalité des sexes, le 10 mars 2018.

Alors que la revendication de l’égalité en héritage est plus que jamais d’actualité en Tunisie et que la lutte s’intensifie au Maroc, l’Algérie suit ce chemin. Les médias en parlent et cette revendication gagne en visibilité.

La société civile algérienne se mobilise avec le soutien de quelques figures politiques. Un colloque international intitulé “Femmes progressistes en lutte pour l’égalité” a eu lieu le 16 septembre rassemblant plusieurs centaines de femmes venues débattre de leurs droits.

“Y-a-t-il matière à débat sur la question de l’héritage? La réponse est oui. Il suffit de lire la constitution pour savoir que la loi fondamentale garantit la complète égalité des droits et devoirs entre les sexes”, souligne le parti le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), dans un communiqué publié le 19 septembre.

Comme en Tunisie, l’égalité dans l’héritage est rejetée par les islamistes alors que la Constitution algérienne dispose que “Les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d’opinion ou de toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale”. 

Cette revendication n’est pas nouvelle. Dès 1992, un collectif rassemblant des militantes, intellectuels et associations féministes a vu le jour. Il s’appelle Maghreb-Égalité 95. Ce collectif a œuvré à travers des études et des plaidoyers pour soutenir l’égalité entre les hommes et les femmes dans les trois pays du Maghreb. 

En Algérie, le Centre d’information et de documentation sur les droits des femmes et des enfants (CIDDEF) du collectif a été au devant de la scène pour réclamer, entre autres, l’égalité dans l’héritage. 

L’une des figures du Collectif, la sociologue tunisienne Dorra Mahfoudh estime “que le partage égalitaire de l’héritage semble faire lentement son chemin en Algérie” à l’aune des études et des sondages faits auprès des Algériens.

“Nous avons apporté des arguments sociologiques et législatifs montrant que l’évolution de la société, et notamment de la situation de la femme algérienne, rend de plus en plus problématique l’inégalité dans l’héritage de ‘deux parts pour le garçon et une part pour la fille’. En effet, aujourd’hui, la famille nucléaire s’impose, le célibat définitif devient une réalité forte et les femmes occupent une place marquée sur le marché de l’emploi. Ainsi, le fils n’est plus celui qui entretient seul la famille, en particulier ses sœurs. Les femmes travaillent, prennent en charge les parents et leur foyer, participant ainsi à la constitution du patrimoine familial (...)”, explique Nadia Aït Zaï, avocate et l’une des figures du CIDDEF au journal Le Point.

Cette réalité décrite par la militante algérienne est assez semblable à celle en Tunisie ou encore au Maroc. Cette revendication égalitaire est donc bien ancrée. Le fait qu’elle soit de nouveau d’actualité n’est que la continuité des luttes communes entre les militants du Maghreb pour l’égalité. 

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