TUNISIE
29/08/2018 12h:17 CET

Égalité dans l'héritage: Pour les professeurs de l'Université de la Zitouna, Béji Caid Essebsi a fait un "déni du caractère religieux de l’État tunisien"

Les professeurs de l'Université de la Zitouna totalement contre l'égalité dans l'héritage.

Facebook/ - Universite Zaytouna

Les professeurs de l’Université de la Zitouna ont, dans un communiqué publié mardi, refusé l’initiative de l’égalité dans l’héritage proposée par le président de la République Béji Caid Essebsi le 13 août dernier.

Selon eux, le président de la République a fait un “déni du caractère religieux de l’État tunisien”. 

En effet, les professeurs de la Zitouna ont appelé à “la nécessité de garder la référence islamique de l’État tunisien qui est spécifiée dans le préambule et les articles de la Constitution” et de ne pas “opposer le caractère civil de l’État à (...) l’identité du peuple tunisien musulman”.

“Les règles de l’héritage sont clairement charaïques et prévues par le Coran (...) et ne doivent pas dépendre de situations humaines” ont-ils estimés, tout en affirmant que cela pourrait “fissurer l’entité familiale”.

Dans ce sens, les professeurs de la Zitouna ont ainsi appelé à “criminaliser les atteintes aux droits des femmes en matière d’héritage mais dans le respect des règles charaïques”.

 

Le 13 août dernier, le président de la République Béji Caid Essebsi avait affirmé en marge la journée de la femme tunisienne, qu’une proposition de loi modifiant les dispositions du code du statut personnel relatives à l’héritage sera présentée dans les plus brefs délais par la présidence de la République à l’Assemblée des représentants du peuple.

Une proposition qui n’a pas manqué de faire réagir, notamment du côté d’Ennahdha. Estimant que ce n’était pas le moment pour une telle initiative, le président du Conseil de la Choura d’Ennahdha Abdelkrim Harouni a lancé lé débat sur l’interprétation de la Constitution en affirmant que Béji Caid Essebsi a “interprété” la Constitution, une interprétation jugée différente de celle d’Ennahdha.

Le porte-parole du Front Populaire Hamma Hammami avait quant à lui reproché la demi-mesure du président de la République qui n’a pris qu’une seule proposition du rapport de la Colibe à cause de “calculs politiques”.

 

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