MAGHREB
26/06/2013 07h:31 CET | Actualisé 26/06/2013 07h:42 CET

Edward Snowden: "un homme libre" en Russie

Lehtikuva/AFP/Antti Aimo-Koivisto
Vladimir Poutine, le 25 juin 2013 à Turku en Finlande

La Russie a répété mercredi qu'aucune "menace" américaine ne la contraindrait à livrer Edward Snowden, l'ex-consultant de la NSA (National Security Agency).

L'Américain, âgé de 30 ans, s'était réfugié à Hong Kong en mai dernier avant de faire de fracassantes révélations sur l'espionnage, auquel se livre la NSA, des communications téléphoniques et Internet aux Etats-Unis et à l'étranger.

Edward Snowden a demandé l'asile politique à l'Equateur, et dont le président Vladimir Poutine a confirmé la veille la présence dans la zone de transit d’un aéroport de Moscou.

"Les menaces des Etats-Unis à l'encontre de la Russie, et de la Chine dans l'affaire Snowden ne donneront aucun résultat", a écrit sur son compte Twitter Alexeï Pouchkov, le chef de la commission des Affaires étrangères à la Douma (chambre basse du Parlement russe), qualifiant ces pressions d'"irréfléchies".

Les Etats-Unis ne cessent de réclamer l'arrestation, et l'extradition d'Edward Snowden depuis qu'il est arrivé dimanche à Moscou en provenance de Hong Kong. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a menacé Moscou et Pékin de répercussions dans leurs relations avec Washington. Mais le Président russe reste inflexible.

Après plusieurs jours de flou -Edward Snowden était resté invisible après son arrivée présumée dimanche dans la capitale russe, et n'avait pas pris un vol le lendemain pour Cuba sur lequel il était enregistré, le président russe a confirmé mardi soir sa présence.

"Il est arrivé en tant que passager de transit et en tant que tel il n'a pas besoin de visa ni d'autres documents", a également expliqué M. Poutine.

Le président du Vénézuéla, l’une des destinations supposée de Sowden, Nicolas Maduro, a déclaré qu’Edward Snwoden "est libre d'acheter un billet et de se rendre où il veut".

Une source citée mercredi par l'agence russe Interfax a affirmé que la raison pour laquelle le jeune Américain était resté dans la zone de transit de l'aéroport de Cheremetievo à Moscou, était qu'il n'avait aucun document de voyage valide après que les Etats-Unis ont révoqué son passeport.

"Le passeport américain de Snowden est annulé, il n'a aucun autre papier, témoignant de son identité. C'est pourquoi, il est obligé de rester dans la zone de transit de Cheremetievo, et donc il ne peut pas entrer en Russie, ni acheter un billet", a affirmé cette source.

"Snowden pourrait rester en permanence en Russie à cause de l'annulation de son passeport, et du harcèlement des pays intermédiaires", a également déclaré mardi sur son compte Twitter le site WikiLeaks de Julian Assange, qui a pris activement la défense d'Edward Snowden, et lui-même réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres depuis 18 mois.

Les Etats-Unis ont cependant insisté, après les déclarations du président russe mardi, pour que Moscou interpelle et lui livre Edward Snowden, qui encourt 30 ans de prison dans son pays où il a été inculpé notamment d'"espionnage".

La Maison Blanche est également très remontée contre Hong Kong, qui a laissé partir Edward Snowden en affirmant ne pas être en mesure légalement de l'interpeller.

La télévision publique russe s'est intéressée dans l'intervalle aux arrivées de voitures diplomatiques à l'aéroport Cheremetievo, alors que l'Equateur, dont l'ambassadeur se serait entretenu avec Snowden à son arrivée dimanche, n'a toujours pas fait état de sa décision sur l'asile politique.