ALGÉRIE
30/07/2015 12h:42 CET | Actualisé 30/07/2015 12h:53 CET

Benghabrit: la "rumeur" sur l'enseignement en arabe dialectal est un "chahut inacceptable"

Un "chahut inacceptable". Mme Nouria Benghabrit a pratiquement paraphrasé la formule célèbre de "chahut de gamins" par un ancien ministre de l'information au cœur des émeutes d'octobre 1988 pour dénoncer, jeudi à Laghouat, la "rumeur" autour d'un projet présumé d’introduction de l’arabe dialectal (darja) dans le cycle primaire.

La langue arabe reste la "première langue d’enseignement, adoptée dans l’enseignement des autres matières" en rappelant à cet égard que la Constitution qui fait de l’arabe la langue nationale officielle est "claire sur la question".

"Il appartient de faire preuve de sagesse et de s’occuper davantage des questions pédagogiques" a déclaré la ministre au sujet d’une "rumeur" qu’elle a démenti déjà hier dans un tweet.

Le point de départ de la polémique a été un article du journal El Khabar rapportant des propos qui auraient été faits par Messeguem Nedjadi, un haut-responsable au niveau du ministère de l’éducation au sujet de l’introduction de l’arabe dialectal à la prochaine rentrée scolaire.

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M.Nedjadi, inspecteur général au ministère de l'Éducation nationale, dont les propos rapportés par El Khabar, ont déclenché la polémique a apporté un démenti formel dans plusieurs médias. Il a cependant omis de citer directement le journal El Khabar qui rapportait ses propos présumées en ouvrant des guillemets.

C’est la suite de cet article que les réactions sont montées crescendo. Des parlementaires de la mouvance islamiste ont réclamé le départ immédiat de la ministre, un des dirigeants du MSP l’a qualifiée de «menace » contre le système éducatif. Même l’association des oulémas est montée au créneau et a menacé de saisir la justice.

La ministre qui vient d’organiser la Conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme de l’école se serait bien passée d’une telle polémique sur un projet qui n’existerait pas.

La ministre a noté qu’il y a des suggestions formulées par des spécialistes participant à la conférence régionale d’évaluation de la mise en œuvre de la réforme scolaire, appelant à tenir compte, de façon progressive, du background linguistique de l’enfant.

Selon la ministre, l’étude des contenus du manuel scolaire a laissé apparaître une place "insuffisante" accordée au patrimoine national. Elle souhaite qu’il soit réservé davantage de place au plan éducatif à ce patrimoine dont la poésie populaire.

"Comment concevoir la dimension algérienne, si le secteur de l’Education n’investit pas sur l’aspect innovateur véhiculé par les langues arabe et amazighe" s’est demandée la ministre.

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