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14/01/2019 14h:32 CET | Actualisé 14/01/2019 14h:32 CET

Économie Tunisienne: Dieu est Grand

Il n’est pourtant pas très compliqué de regarder l’économie tunisienne autrement.

zlisjak via Getty Images

L’économie est au cœur de la problématique au pays de Tahar Haddad et d’Ibn Khaldoun.

Les acteurs en place ne semblent trouver aucune solution et résument le “cancer tunisien” à un manque d’argent. Dans un pays où d’un point de vue économique on ne peut trouver de réponses car les bonnes questions ne sont pas posées.

Tout d’abord, il y a une confusion des genres. En Tunisie on pense que n’importe quel économiste peut faire l’affaire pour résoudre la crise que traverse ce pays. “Les économistes sont présentement au volant de notre société, alors qu’ils devraient être sur la banquette arrière”, disait John Maynard Keynes.

Mais ce que l’on semble oublier, c’est que la Tunisie est un “corps”, la Tunisie est un esprit, la Tunisie est une mentalité. Et la Tunisie a surtout ses... tonalités que les politiques ne semblent pas percevoir.

Tous ces éléments font que l’on ne peut, en économie, confier la Mère des Tunisiens au premier économiste venu ou la livrer à un diagnostic erroné sans le risque de devenir tous orphelins.

L’économie, c’est comme la médecine: il y a des expertises et une multitude de disciplines. De la macroéconomie à l’économie monétaire en passant par l’économie digitale ou autre… Autant de disciplines, voire plus, qu’en médecine.

Le mot économie vient du grec qui signifie “administration du foyer”. La Tunisie semble être un foyer recomposé après avoir été géré par des parents autoritaires qui battaient leurs enfants à outrance.

Les dirigeants en place, toutes “familles politiques” confondues, ne semblent pas faire ce distinguo pourtant essentiel en oubliant l’économie politique. Ce terme très important — négligé en Tunisie — doit dans sa mission première enrichir le peuple, contrairement à ce que disait Machiavel qui ne pensait celui-ci — l’enrichissement — que par la... guerre. Guerre déjà en cours en Tunisie et qui ne fera que s’intensifier.

Il n’est pourtant pas très compliqué de regarder l’économie tunisienne autrement.

Car Mère-Tunisie n’est pas exigeante pour ses enfants.

Mère-Tunisie veut un cadre légal à son économie.

Mère-Tunisie veut encourager une concurrence saine, libre et non faussée.

Mère-Tunisie ne veut plus que certains de ses enfants aient des monopoles au détriment des autres.

Mère-Tunisie sait que favoriser certains de ses enfants par rapport aux autres finira par un drame familial.

Mère-Tunisie sait que, quand on détourne les avantages économiques offerts par le marché, cela finira par achever la démocratie.

Mère-Tunisie sait que le pouvoir économique est capable de se transformer en... pouvoir politique.

Mère-Tunisie rejette le matérialisme hédoniste des libéraux.

Mère-Tunisie sait que l’économie doit être soumise à la morale.

Mère-Tunisie sait que le profit doit être soumis à des règles justes.

Mère-Tunisie sait que l’Etat ne doit pas mener de politiques économiques conjoncturelles qui mènent à l’hyperinflation.

Mère-Tunisie refuse les tactiques de dévaluation de sa monnaie.

Mère-Tunisie sait qu’il faut trancher entre une politique d’ordonnancement et une politique de processus.

Mère-Tunisie a besoin d’une économie sociale pour avoir les moyens d’élever ses enfants.

Mère-Tunisie sait, pour paraphraser Mark Twain, que les chiffres de l’économie “ne mentent jamais” mais que les menteurs s’en servent.

Mère-Tunisie sait aussi qu’au-delà des chiffres de la croissance, la nouvelle économie est une ”économie de la passion”.

Tout ce que sait Mère-Tunisie ne tiendrait pas dans un bottin car, en chaque Tunisien, il y a une partie d’elle-même, il y a son sang, ses échecs, ses illusions, ses frustrations, ses joies, ses peines, ses douleurs et surtout ses rêves.

Ce que semble savoir Mère-Tunisie n’est rien d’autre que la définition d’une économie politique.

Malheureusement pour elle, les politiques semblent insensibles ou sourds à ces cris et tentent de les étouffer par de la “politique” bas de gamme, des mensonges éhontés, des théories fumeuses, des égos surdimensionnés qui ne sont le reflet que d’une incompétence assumée où la plupart d’entre eux n’ont pas lu Ibn Khaldoun, le père de la sociologie et de l’économie moderne.

Le peuple, dans sa majorité, ne s’en remet plus qu’à Dieu, Seul à encore les rassurer. Car effectivement… Dieu est Grand.

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