TUNISIE
05/02/2019 16h:26 CET

"École" coranique de Regueb: Le député du Front populaire Ammar Amroussia rappelle à Abdelfattah Mourou ses propos tenus face à Wajdi Ghanim (VIDÉOS)

Le vice-président de l'ARP a très moyennement apprécié.

FADEL SENNA via Getty Images

Alors que l’Assemblée des représentants du peuple est réunie en plénière, la tension était palpable entre le député du Front populaire Ammar Amroussia et le vice-président de l’Assemblée, Abdelfattah Mourou, membre du parti Ennahdha.

Revenant sur les dérives de l’ ”école” coranique de Regueb, le député a mis en exergue la “faillite de l’État” et l’ “existence d’un autre État à l’intérieur de l’État”: “Il existe un enseignement officiel et public sous l’égide de l’État et un autre  -protégé par le pouvoir en place- sous l’égide des membres de Daech” a-t-il affirmé.

“Cela a pour but de ‘daechiser’ et de ’talibaniser” la société a-t-il pesté avant de s’en prendre sans le nommer au vice-président de l’ARP Abdelfattah Mourou: “Je ressens un certain danger quand je retrouve ici quelqu’un qui avait dit auparavant -et il se reconnaitra-: ‘nous n’avons pas besoin de vous, nous avons besoin de vos enfants’. Même nos enfants, vous ne pourrez rien contre eux”a fulminé le député du Front populaire. (À partir de 05:40 dans la vidéo ci-dessous).

Outré par ces propos, et se reconnaissant dedans, le vice-président de l’ARP Abdelfattah Mourou a décidé de réagir: “Ne me vise pas! Oui, nous avons besoin de vos enfants! Chaque parti politique a besoin de jeunes à encadrer! (...) Cela fait 50 ans que j’enseigne et je n’ai formé aucun partisan de Daech!” s’est-il emporté.

À quoi faisait référence le député du Front Populaire Ammar Amroussia?

Les propos du député du Front populaire renvoient à une visite du prédicateur radical égyptien Wajdi Ghanim en Tunisie en février 2012 suite à son invitation de la part d’associations islamistes qui ont vu le jour après la révolution.

Lors de sa visite, le prédicateur radical avait rencontré Abdelfattah Mourou, membre du parti Ennahdha. Ce dernier avait alors tenu des propos peu amènes sur la société tunisienne et sur les moyens de l’islamiser. Après avoir décrit une société peu encline au changement, l’actuel vice-président de l’ARP avait affirmé: “Ce sont nos adversaires. Ne leur montre pas d’hostilité visible. Notre objectif, c’est leurs enfants, leurs femmes et leurs petits-enfants. Nous ne voulons pas de ces personnes, nous visons leurs enfants. Leurs enfants sont à nous aujourd’hui, leurs filles sont à nous aujourd’hui. Notre objectif est de séparer la pensée des enfants de celle de leurs parents et grâce à Dieu nous y sommes parvenus” avait alors affirmé Mourou provoquant à l’époque un grand tollé. (À partir de 04:02 dans la vidéo ci-dessous).

 

Interrogé par la journaliste Emna Ben Jemaa sur Hannibal TV en 2014, en marge de sa candidature aux élections législatives, Abdelfattah Mourou avait alors nié avoir tenu de tels propos ajoutant que ces derniers avaient été “décontextualisés”.

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