TUNISIE
08/02/2019 11h:14 CET

"École" coranique de Regueb: Hamza Belloumi demande des explications au ministère de l'Intérieur après des pressions sur son équipe de tournage

L'équipe de tournage a été poursuivie par le directeur de l'école accompagné d'agents de la Garde Nationale.

L’animateur de l’émission “Les 4 vérités” a demandé, dans son émission diffusée jeudi, sur la chaine El Hiwar Ettounsi, des explications au ministère de l’Intérieur après des pressions subies par son équipe après le tournage du reportage sur l’ ”école” coranique de Regueb.

Au cours de l’émission animateur a expliqué qu’après le tournage et en route vers Tunis, son équipe a été poursuivie par le directeur de l’école voulant faire arrêter la voiture de l’équipe de l’émission. Ce dernier était accompagné par une voiture de la Garde Nationale. 

 

Une fois la voiture immobilisée, les agents de la Garde nationale ont demandé une autorisation à l’équipe pour pouvoir filmer dans une zone -en pleine route- ne nécessitant pas d’autorisation, demandant à l’équipe de les suivre au poste.

Après avoir pris les identités des membres de l’équipe, ces derniers ont été relâchés.

Mais, comme l’explique l’animateur, 48 heures plus tard, un membre proche du directeur de l’école s’est rendu au domicile d’un des membres de l’équipe de tournage demandant à ce qu’une rencontre puisse avoir lieu avec le directeur.

L’animateur s’interroge: ”D’où a-t-il pu avoir son identité? D’où a-t-il pu avoir son adresse? Je me pose des questions et demande officiellement au ministère de l’Intérieur d’ouvrir une enquête à ce sujet. Comment la garde nationale nous a arrêté accompagnée de Cheikh Farouk (le directeur de l’école)? (...) Comment prennent-il nos identités et nos adresses pour qu’ensuite ils se retrouvent chez les proches de Cheikh Farouk?”.

“Nous ne parlons plus donc d’une école coranique qui connait des dépassements mais d’une école qui est protégée par certaines personnes -je n’accuse pas la garde nationale” poursuit-il avant de montrer une publication “suspecte” sur la page Facebook “Regueb Magazine” publiée une heure après le tournage.

Cette publication affirme et remercie, en donnant le nom d’un des membres de l’équipe de tournage, que la garde nationale a arrêté l’équipe et a réussi à supprimer les images du tournage: “Cela a été publié le jour du tournage. Personne ne savait que nous tournions là-bas!” a expliqué Hamza Belloumi, indiquant attendre des réponses.

L’affaire de l’ ”école” de Regueb a éclaté après la diffusion par la chaine El Hiwar Ettounsi d’un reportage sur une ”école” coranique anarchique ouverte dans la délégation de Regueb où séjournaient 42 enfants âgés entre 10 et 18 ans et 27 adultes âgés entre 18 et 35 ans partageant le même internat sans les moindres conditions de sécurité et d’hygiène. 

Ces derniers ont été victimes de maltraitance et d’exploitation dans des travaux agricoles et de bâtiment, déplore un communiqué du ministère de l’Intérieur. 

Ils seraient, également, endoctrinés puisqu’on y inculque des idées et des pratiques extrémistes.

À la suite de cette affaire, dans la soirée du lundi, le chef du gouvernement a décidé de limoger le gouverneur de Sidi Bouzid ainsi que le délégué de Regueb.

 

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