10/11/2015 08h:37 CET | Actualisé 10/11/2015 08h:37 CET

Comment profiter de la formation de grandes écoles de commerce françaises sans bouger du Maroc

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Les grandes écoles de commerce françaises ont le vent en poupe au Maroc

ÉTUDES - Profiter de la formation d'établissements d'enseignement supérieur internationaux prestigieux sans bouger du Maroc: c'est ce que proposent de grandes écoles de commerce françaises aux étudiants ou cadres marocains. Certaines institutions ouvrent des campus dans le royaume ou mettent en place des "executive masters" destinés à des cadres et dirigeants en activité se déroulant sur des périodes allant d'un an à deux ans. Ils proposent ainsi des formations incluant des conférences, des ateliers et des "learning expeditions" avec des professeurs, des chefs d'entreprises et des managers expérimentés.

La prestigieuse école de commerce française ESSEC vient d’annoncer l’ouverture prochaine d’un campus au Maroc. En partenariat avec Prestigia, pôle luxe du groupe immobilier Addoha, le campus "Afrique Atlantique" de la business school sera implanté près de Rabat, sur le site Plage des Nations. Le partenariat sera signé vendredi 13 novembre par Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’ESSEC, et Anas Sefrioui, président du groupe Addoha. L'école, qui figure chaque année parmi les meilleures écoles de commerce de l'hexagone, communément appelées "Les Parisiennes", nouera des partenariats avec l’UIR ou Centrale Casablanca selon L’Economiste.

L’école de commerce fondée en 1907 a déjà trois campus à son actif: deux en région parisienne (Cergy-Pontoise et La Défense), et un à Singapour, "Asia-Pacific". "L'objectif est d'avoir une implantation au moins par continent en lien avec les entreprises de la région", confiait récemment le président de l’école au site L’Étudiant.fr. Chaque année, 30% des étudiants accueillis au sein de l’école sont étrangers.

Faire le pont...

L'ESSEC viendra ainsi rejoindre d'autres institutions françaises installées au Maroc. L'École Hassania des travaux publics a en effet lancé, en 1998, un "executive master" en collaboration avec la prestigieuse business school de l'école des Ponts à Paris. Ce programme, anciennement parrainé par le conseiller du roi Meziane Belfkih, met l'accent sur le développement de l'esprit d'entreprise, le "technology management" et l"'innovation management" chez les candidats.

"Les cours sont assurés par des professeurs de renom et les CEO de grandes entreprises, ce qui les rend plus concrets", nous confie Tarik, senior project manager dans une entreprise à Dubai qui a bénéficié du programme. La formation se décline en modules, à raison d'un par semaine. A cela vient s'ajouter un voyage de formation que les étudiants font généralement aux Etats-Unis ou en Chine. Pour obtenir leur diplôme, les jeunes entrepreneurs doivent valider 18 modules sur 21 et soutenir un projet de fin d'études.

L'arrivée de l'EM Lyon, célèbre business school française, à Casablanca, a été annoncée en septembre 2015. Installée dans la Marina de la ville blanche, l'école espère lancer un "executive masters" dès la rentrée 2016. Dans une approche à mi-temps, trois programmes sont proposés: un programme général de management, sur une période de 18 mois à deux ans, un MBA proposé aux jeunes cadres à haut potentiel, ayant trois ans d'expérience et un autre ouvert à des cadres avec plus de 7 ans d'expérience.

L'ESCP Europe Paris avait lancé un programme similaire à Casablanca, en 2005. L'expérience a profité à plus de 50 candidats. "L'executive MBA était ouvert aux cadres de plus de 10 ans d'expérience. Les cours étaient dispensés à Casablanca et dans les campus de l'ESCP à Paris, Berlin, Londres ou encore Turin", nous confie Zoubida Boutaleb, directrice du groupe AOB qui commercialisait le master à Casablanca. "Le coût très élevé de la formation a malheureusement mis un terme à l'expérience", explique-t-elle. Le master coûtait en effet plus de 400.000 dirhams.

S’il existe déjà depuis 2009 en France, le master en finance islamique de l’Université Paris Dauphine s’exporte désormais au Maroc. En février 2016, la première promotion ouvrira ses portes à une petite quarantaine de personnes dans le centre de Casablanca. Créé en partenariat avec le cabinet d’audit et de conseil marocain Fidaroc Grant Thornton, l’executive master "principes et pratiques de la finance islamique" de l’université parisienne permettra à des professionnels de suivre des formations de quatre jours par mois pendant un an dans la capitale économique. Des sessions sont également prévues à Paris et Dubaï. Il faudra tout de même débourser 12.500 euros pour suivre cette formation.

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