11/09/2019 10h:05 CET | Actualisé 11/09/2019 10h:05 CET

Echanges extérieurs du Maroc: comment inverser la tendance de la balance commerciale?

"L’innovation reste un facteur prépondérant pour le développement de l’offre marocaine à l’export".

FADEL SENNA via Getty Images
Navire de fret transporté par des grues dans le port à conteneurs de Tanger-Med et le terminal Renault à Ksar Sghir, près de la ville portuaire du nord-est du Maroc, à Tanger, le 12 mars 2018.

ÉCONOMIE - Au niveau international, les échanges extérieurs adoptent un profil plus bas, eu égard à la conjoncture économique mondiale. La baisse de la demande intérieure et extérieure au Royaume, notamment le ralentissement des recettes touristiques et services de voyage réalisés au Maroc, est occasionnée par la décroissance économique et la fragilité du système de développement actuel.

Au niveau du Royaume, la faible progression des exportations ne permet pas d’améliorer la situation de la balance commerciale, devenue déficitaire depuis plusieurs années budgétaires. A fin juillet 2019, le déficit commercial s’est creusé d’environ 4%, enregistrant un montant négatif aux alentours de 122 milliards de dirhams.

En effet, la perte de dynamique au niveau des exportations, à fin juillet de la même année, est due essentiellement au recul des ventes internationales du Maroc en automobile, phosphates et dérivés, textile et cuir, extractions minières, ainsi qu’en électronique. Cette régression dépend essentiellement du recul de la demande extérieure mondiale.

Par conséquent, l’amélioration du taux de couverture des importations par les exportations reste tributaire de l’évolution de l’offre marocaine, en l’occurrence l’amélioration des facteurs “attractivité” et “compétitivité” des biens et services marocains, pas que sur le continent africain mais aussi sur tout le pourtour de la Méditerranée. Et en l’absence d’une véritable accélération industrielle, le Maroc ne serait pas en mesure de proposer des produits attractifs susceptibles d’améliorer considérablement le chiffre d’affaires à l’export des entités marocaines publiques ou privées.

Le recul des transferts des Marocains Résidents à l’Etranger (MRE), estimé à 1% pour l’année en cours (par rapport à fin juillet 2018), est désormais justifié par la conjoncture économique morose en Europe. Or, le secteur touristique marocain ne présente toujours pas des offres compétitives en termes des prix et des niveaux de qualité, au même titre que les autres pays voisins du pourtour méditerranéen (Espagne, Portugal…). En effet, bon nombre de MRE ont tendance à investir dans lesdits pays, ce qui fait perdre au Maroc des rentrées de fonds importantes, ne permettant pas d’améliorer les Investissements Directs Etrangers vers le Maroc.

Cependant, l’amélioration du déficit commercial du pays dépendra de mesures concrètes telles que l’atténuation de la facture énergétique (exploitations économes, expansion continue de l’énergie renouvelable…), le développement des industries à l’export, la modernisation de l’agriculture et des techniques d’irrigation (ciblage de l’autosatisfaction agricole pour certains produits chers au niveau des marchés mondiaux) et la promotion des ventes à l’export pour les petites et moyennes entreprises (PME).

Institutionnellement parlant, il s’agira de mettre en place un plan national de promotion des exportations, qui sera porté évidemment par le ministère de tutelle, mais en étroite collaboration avec l’ensemble des parties prenantes que ce soit les entreprises marocaines opérant à l’export ou les PME potentiellement capables de développer leurs ventes à l’international, sans oublier les confédérations, les syndicats et les associations en la matière.

Par ailleurs, l’innovation reste un facteur prépondérant pour le développement de l’offre marocaine à l’export, notamment l’amélioration de son attractivité à l’international. Sans créativité industrielle, les PME marocaines, représentant plus de 90% du tissu économique marocain, ne pourront s’inscrire sur des chaînes de valeur mondiale.

Le développement de projets innovants en industries du futur (industrie 4.0, robotisation, intelligence artificielle…) améliorera la vitrine des ventes marocaines, et par conséquent permettra de couvrir les importations du Royaume afin de réaliser des excédents au niveau du solde de la balance commerciale des biens et services.