MAROC
08/04/2015 04h:53 CET | Actualisé 08/04/2015 05h:03 CET

Renforcement du dispositif de prévention et de contrôle d'Ebola au Maroc

AFP
Ebola : des membres du personnel soignant au Libéria

SANTÉ - Réunion au sommet, lundi 6 avril à Rabat, pour renforcer le dispositif de prévention et de contrôle du virus Ebola au Maroc. Pour assurer la bonne coopération de tous les services, il y avait autour de la table le ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, le commandant en chef de la gendarmerie royale, le général Hosni Benslimane, ainsi qu’Houcine El Ouardi, le ministre de la santé. Présent également, le professeur Abderrahmane Maâroufi, à la tête de la direction de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la santé. Il répond aux questions du HuffPost Maroc.

HuffPost Maroc: Pourquoi renforcer la stratégie de prévention et de contrôle d’Ebola maintenant? La menace d’une épidémie au Maroc s’est-elle amplifiée?

Abderrahmane Maâroufi: Nous avons renforcé notre plan national de préparation à la riposte contre le risque Ebola pour plusieurs raisons. D’abord, sur la plan de la situation épidémiologique, les derniers rapports de l’OMS font malheureusement état d’une réactivation de certains foyers de transmission de la maladie en Guinée, où on parle de 57 cas. La vigilance et la veille doivent donc être toujours maintenues. Cela fait un an que nous avons lancé notre plan de veille, or cette épidémie est je pense l’une des plus longues dans l’histoire de l’humanité. Avec le temps, il y a toujours un risque de relâchement, une certaine routine s’installe, ainsi qu’un phénomène d’auto-satisfaction. C’est un principe connu dans la gestion des épidémies: plus un plan de veille et de surveillance dure, plus il faut le redynamiser, c’est ce que nous faisons. Enfin, il y a un dernier principe important, c’est que la période finale d’une épidémie est la plus cruciale : c’est toujours plus facile de passer de 1.000 cas à 100 cas, que de passer de 100 cas à zéro cas. C’est donc le bon moment pour redoubler nos efforts de vigilance.

Il s’agit toujours de prévention, aucun cas n’a été identifié au Maroc depuis le début de l’épidémie…

Exactement. La réunion que nous avons organisé lundi 6 mars était justement l’occasion de faire le point sur les résultats de notre dispositif de veille, et nous pouvons dire avec satisfaction que nous n’avons enregistré aucun cas sur le territoire marocain.

Malgré plusieurs suspicions?

Tous les systèmes de veille ont des suspicions, c’est leur raison d’être… En ayant adopté une définition extrêmement stricte pour définir qu’est-ce qu’un cas suspect, nous avons détecté 29 cas. Heureusement, tous se sont avérés négatifs.

Qu’est ce qui a changé dans le dispositif de veille? En quoi est-il renforcé concrètement?

Je voudrais d’abord préciser que le dispositif n’a jamais été stoppé. Nous l’avons toujours maintenu, mais nous avons introduit lundi 6 mars de novelles mesures de re-dynamisation. D’abord, nous reprenons nos campagnes de sensibilisation vis à vis des professionnels de soin, pour leur redonner de l’énergie. Nous avons aussi acquis des chambres d’isolement, il s’agit de chambres mobiles que nous allons déployer au niveau des régions et des villes où nous pensons que le risque d’apparition de cas suspect serait plus important que dans d’autres régions.

Où par exemple?

A Oujda, Tanger, Dakhla ou Agadir. Dans les villes qui sont proches des grands points d’entrée, celles qui connaissent des mouvements importants de population. Nous avons aussi acquis des appareils de laboratoire de dernière génération, comme le PCR, qui est une technique d’analyse moléculaire de pointe. Elle permet de savoir en seulement une heure, au lieu de quatre si un patient est atteint ou non du virus Ebola.

Les contrôles aéroportuaires sont eux aussi renforcés?

Oui, c’est une autre mesure. Nous reprenons les réunions d’information, de formation et de sensibilisation avec nos équipes sanitaires qui gèrent les contrôles au niveau des frontières. Nous réactivons aussi un organe de coordination au niveau des régions et des préfectures, qui sont là pour parer toute menace urgente de santé publique. Il s’agit simplement de donner un nouveau souffle à ces équipes, qui font un travail extraordinaire sur le terrain.

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