MAROC
27/10/2014 18h:38 CET | Actualisé 23/11/2014 10h:00 CET

Le Maroc face au risque Ebola

flickr/NIAID
Représentation micrographique d'ebola sur une cellule

EBOLA - L’épidémie Ebola menace essentiellement l’Afrique de l’ouest avec 8.399 cas infectés par le virus dont 4.033 morts d’après le dernier bilan de l’OMS. Le Maroc est néanmoins sur le qui-vive…

Cas Suspects

A l'hôpital Moulay-Youssef, lundi 20 octobre, une femme d’origine subsaharienne ainsi que son enfant, on été admis pour subir des examens a révélé le journal arabophone Assabah dans son édition du 20 octobre. Mais finalement, plus de peur que de mal: le quotidien Au Fait a révélé que les tests de dépistages se sont avérés négatifs.

Si le Maroc est pour l’instant épargné, il figure néanmoins sur la liste des pays à risque selon le site américain Business Insider, qui a récemment mis en ligne une étude de chercheurs américains de l’université du nord de Boston, classant le Maroc à la 11ème place des pays les plus exposés au virus d’Ebola, juste après le Mali et juste avant l’Afrique du sud.

La semaine dernière, M. El Haj C, Guinéen, est arrivé au Maroc de Conakry. Quelques jours plus tard, en sortant d’une pharmacie à Rabat, il a reçu quasi instantanément un appel des services sanitaires, relevant du ministère de la Santé, chargés de faire le suivi des ressortissants en provenance des pays touchés par Ebola.

“Pour quelles raisons êtes-vous allés à la pharmacie? Avez-vous de la fièvre? Comment vous sentez-vous?” lui ont-ils demandé, avant que le ressortissant guinéen ne les rassure sur son état de santé.

Surréaliste? Pas tant que ça. Depuis quelques mois déjà, une cellule de veille mise en place par les autorités marocaines centralise les coordonnées des voyageurs des pays d’Afrique de l’ouest.

“Les autorités vont jusqu’à donner un téléphone portable équipé de géolocalisation à ceux qui n’en ont pas afin que le contact avec elles soit permanent”, confie Abdelghani Drhimer, chargé de la communication au ministère de la Santé.

Selon lui, “des équipes sanitaires se déplacent régulièrement chez les personnes provenant des pays à risque” pour “verifier qu’aucune d’entre elles n’ait contracté le virus et devienne un vecteur de l’épidémie sur le sol marocain”.

CAN ya ma CAN

Le Maroc, censé organiser la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2015 du 17 janvier au 8 février a demandé son report à travers le ministère de la Jeunesse et des sports, à trois mois du coup d’envoi de la compétition prévue à Marrakech.

Raison invoquée? Le risque d’épidémie d’Ebola sur le territoire.

“Assurer le suivi d’une trentaine de personnes en provenance des pays touchés est une chose. En surveiller plusieurs centaines en est une autre”, explique la même source au HuffPost Maroc.

En effet, avec la Coupe d’Afrique des Nations, près d’un million de supporters sont attendus dans le royaume (selon les estimations du ministère de la Santé).

Parmi eux, tous ceux qui viendraient des pays les plus touchés par Ebola sont censés être suivis de près. Par ailleurs, le ministère de la Santé s’inquiète des grands rassemblements dans les stades qui auront forcément lieu si la CAN est maintenue.

Jusqu’à présent au Maroc, aucun cas d'infection par le virus d'Ebola n'a été enregistré par les services de santé.

Cela dit, malgré toutes les mesures préventives mises en place, le risque zéro n’existe pas et le Maroc n’est pas à l’abri d’en voir apparaitre sur son sol d’autant plus qu’il est le seul pays à maintenir, via la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM), la totalité de ses liaisons aériennes quotidiennes avec la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. Soit, les pays les plus frappés par le virus.

Détecteurs de fièvre et mise en quarantaine

Au cours des dernières semaines, quelque "700 passagers n'ont pas été autorisés dans un vol de la RAM, car fiévreux", a affirmé à l’AFP le 17 octobre le docteur Mohamed Moussif, responsable du contrôle sanitaire aux frontières.

La compagnie multiplie ses filets de sécurité sanitaire, en coordination avec le ministère de la Santé, comme "le passage au détecteur de fièvre dans les aéroports qui assurent les liaisons avec les autres pays d’Afrique de l’ouest et aussi un parking de mise en quarantaine dédié aux avions en provenance de pays sensibles", indique un communiqué publié sur le site de la RAM, intitulé "Alerte Ebola".

Mais la compagnie aérienne nuance l’éventuel impact du maintien de ces vols en affirmant que "la probabilité de transmission du virus Ebola entre passagers à bord d’un avion est très faible".

De fait, le virus n’est pas contagieux pendant sa période d’incubation qui peut durer entre 2 à 21 jours.

Autrement dit, aucun risqué de contagion ne serait à craindre avant l’apparition des symptômes sur la personne infectée.

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