MAROC
10/04/2018 17h:09 CET

Dupés par leurs passeurs, 37 migrants sauvés près de Melilla par le Maroc

Ils avaient été abandonnés dans une zone inaccessible.

Yannis Behrakis / Reuters

MIGRANTS - La gendarmerie royale a secouru, lundi 9 avril, en fin d’après-midi, un groupe de 37 migrants subsahariens arrivés dimanche en bateau sur la plage de Cala Blanca, une crique située près de Melilla.

Selon El Faro de Melilla, un quotidien local, 27 hommes et 10 femmes ont ainsi été débarqués dans la crique de Cala Blanca, à une vingtaine de kilomètres au nord de l’enclave espagnole. Une fois sur place, convaincus d’être en Espagne, ils auraient alerté le service de sauvetage maritime espagnol et envoyé leur géolocalisation afin de signaler leur présence. Seulement voilà: Cala Blanca se trouve en territoire marocain, ce qui ne permet pas aux autorités espagnoles d’intervenir. 

“Ils se sont fait avoir par les passeurs qui devaient les déposer sur la côte espagnole. Ces migrants étaient donc persuadés d’être arrivés en territoire espagnol alors qu’en réalité, ils étaient au Maroc”, détaille au HuffPost Maroc Helena Maleno, activiste espagnole de l’ONG Caminando sin Fronteras. Cette dernière rapportait l’information dans un tweet publié lundi 9 avril, quelques temps avant qu’ils ne soient sauvés.

Hier, 37 migrants, qui étaient supposés se rendre à Melilla, ont été abandonnés dans une zone inaccessible de la côte marocaine. Depuis hier, ils demandent à être secourus après avoir été victimes d’une terrible tromperie

Les autorités espagnoles auraient contacté dans l’immédiat la gendarmerie royale pour les informer de la présence du groupe de migrants dans la crique de Cala Blanca, mais en vain. “Ils ont passé la nuit sur la plage, sans nourriture, sans eau ni couverture de survie”, nous précise Helena Maleno.

Les migrants ont alors appelé l’ONG Caminando sin Fronteras pour demander de l’aide. “Nous avons dans l’immédiat alerté et donné toutes les informations aux autorités marocaines, qui ont mis du temps à intervenir alors qu’on a souligné que ces migrants risquaient de mourir. En l’absence de réponse, nous avons donc alerté le bureau de Madrid qui a contacté le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) et la coordination locale de Nador afin qu’ils interviennent”, explique l’activiste.

Lundi en fin d’après-midi, la gendarmerie royale a finalement secouru le groupe de migrants. “Ils se portaient bien dans l’ensemble mais ont été refoulés par le Maroc et seront raccompagnés aux frontières prochainement”, indique Helena Maleno.

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