MAROC
07/12/2018 14h:25 CET | Actualisé 07/12/2018 14h:31 CET

Une marche symbolique dimanche à Rabat pour célébrer la journée internationale des droits de l’Homme

“Tous ensemble pour l’équité, la justice et la dignité humaine”

ASSOCIATED PRESS

CÉLÉBRATION - Rabat, dimanche 9 décembre à 11h. C’est le rendez-vous que donne la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l’Homme (LMCDH) à ses militants, les appelant à se rassembler à Bab El Had. “Nous organiserons une marche symbolique pour la célébration de la journée internationale des droits de l’homme (le 10 décembre). Nous avons appelé nos 44 sections à travers le Maroc ainsi que les membres de nos deux observatoires professionnels à la rallier”, déclare au HuffPost Maroc le président de la LMCDH, Driss Sedraoui.

De Bab El Had en direction de la gare de Rabat, cette marche portera pour slogan “Tous ensemble pour l’équité, la justice et la dignité humaine”. “Nous voulons qu’elle soit le rappel de tous les dossiers qui, pour nous, posent un problème de droits qu’ils soient sociaux ou économiques, car ils relèvent avant tout de droits humains”, affirme le président. 

La marche permettra aux militants de mettre en lumière plusieurs de ces dossiers, à commencer par la libération des détenus du Hirak du Rif, de Jerada, du conducteur du train de Bouknadel, dont le procès est actuellement en cours, ainsi que des journalistes, dont le directeur de publication du site d’information Al Badil Hamid El Mahdaoui, indique un communiqué publié par la LMCDH à l’issue d’une conférence de presse tenue hier à Rabat (photo ci-dessous).

Driss Sedraoui/Facebook

Par le biais de ce dernier, la ligue revendique aussi “la levée de pressions à l’encontre de militants”, estimant que cela porte atteinte ”à la volonté politique affichée pour le respect des droits de l’homme”. “L’année dernière, on nous avait interdit d’organiser cette marche. Cette année, nous avons déposé notre demande et, en principe, tant qu’on n’a pas d’interdiction, nous sommes donc autorisés à la tenir”, nous précise Driss Sedraoui.

Pour ce dernier, “cette année, la situation des droits de l’Homme ne peut être qualifiée de positive, mais nous nous accrochons à l’espoir qu’elle puisse s’améliorer à l’avenir”, confie-t-il. En attendant cette lueur d’espoir, l’heure est au renforcement du militantisme, à en croire la ligue qui compte également soulever, au cours de sa marche, le problème des femmes soulalyates expulsées de leurs terres sans aucune raison légale. “Pour nous, l’appropriation de ces terres aux femmes soulalyates est l’une des priorités à traiter dans le cadre du respect des droits économiques”, souligne-t-il, rappelant que le Maroc, de par ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale, doit absolument activer les conventions qu’il a ratifiées.

“Adopter un modèle de développement équitable”, c’est, pour la LMCDH, “le seul garant d’“une vie digne pour chaque citoyen”. “Aujourd’hui, il faut absolument régler le problème des bidonvilles et permettre à chacun de vivre décemment”, indique-t-il. Au logement s’ajoutent l’éducation, la santé et l’emploi, que la ligue qualifie de fondamentaux des droits humains. “Nos deux observatoires comptent des chauffeurs professionnels et des artisans, deux catégories qui souffrent d’un emploi où la couverture sociale pose un sérieux problème. S’ils remplissent leur tâche auprès de la société, ils devraient aussi profiter de leurs droits les plus légitimes”, insiste Driss Sedraoui. 

Une marche symbolique qui veut être porte-voix des catégories sociales et professionnelles. La LMCDH est déterminée à atteindre ce but.