MAROC
02/07/2019 18h:35 CET

Droit de grève: La CDT indignée par le refus de ses propositions par le gouvernement

Suite à une réunion avec le ministre du Travail, Mohamed Yatim.

STRINGER . / REUTERS

DIALOGUE SOCIAL - “Nous continuerons à défendre les droits des ouvriers et salariés, à commencer par le droit à la grève”. La Confédération démocratique du travail (CDT) tient à réitérer son engagement dans un communiqué publié, ce mardi, à l’issue de sa réunion avec le ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, Mohamed Yatim. La CDT en sort déçue, car, ses propositions n’ont pas été favorablement accueillies par le ministre, affirme-t-elle. 

Précisant que cette réunion s’est tenue, aujourd’hui, à l’initiative de Yatim et en présence de représentants du ministère de l’Intérieur et de la Fonction publique, la CDT précise que l’ordre du jour a porté sur la loi organique régulant le droit à la grève. A l’occasion, cette centrale syndicale a demandé au gouvernement de retirer ce texte de loi actuellement soumis à la Chambre des représentants “parce qu’il a été élaboré d’une manière unilatérale”. Pour la CDT, ce texte aurait du être élaboré en partenariat avec le mouvement syndical et en préserver “l’aspect qui relève des droits de l’Homme”, indique-t-elle dans son communiqué.

Le syndicat estime que le projet de loi n’a pas pris en compte cet aspect et a, tout au contraire, réduit cette liberté en renforçant le volet punitif, insiste-t-il dans son communiqué. Et d’estimer que ce texte devait faire l’objet d’une négociation tripartite qu’impose le dialogue social. 

La CDT précise ainsi avoir demandé au gouvernement de remettre les pendules à zéro et d’adopter la convention 87 de l’Organisation internationale du travail (OIT)  sur le droit de grève. Elle lui a aussi revendiqué la suppression de l’article 288 du code pénal condamnant le droit à cette liberté syndicale qu’est la grève et de cesser de prélever toute journée de grève des salaires des grévistes “pour absence de toute loi le légalisant”. 

Mais face à ses propositions, la CDT n’a pas eu gain de cause. “Le ministre a refusé catégoriquement nos propositions”, s’indigne t-elle. Et d’ajouter que Yatim a, toutefois, exprimé la volonté du gouvernement de maintenir le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes.