MAROC
01/04/2019 17h:47 CET

Drogue: les trafiquants marocains utilisent de plus en plus de "go-fast" selon un rapport américain

Et moins de conteneurs commerciaux pour cacher la drogue.

JORGE GUERRERO via Getty Images
Des trafiquants de drogue dans un bateau pneumatique arrêtés par la police espagnole dans le port d'Algésiras, le 21 août 2015.

RAPPORT - Selon le rapport 2019 sur la stratégie internationale de contrôle des stupéfiants publié vendredi 28 mars par le département d’État américain, les trafiquants de drogue marocains utilisent de plus en plus de bateaux type “go-fast” ainsi que des avions non commerciaux pour exporter leur marchandise.

Ils utiliseraient ainsi moins de conteneurs commerciaux pour ce type de trafic en raison du déploiement de scanners à rayons X dans le port de Tanger, principal point de passage du trafic de drogue au Maroc, note le rapport américain réalisé par le bureau international des stupéfiants et de l’application de la loi, qui a étudié 70 pays.

Le Maroc, un des premiers pays producteurs de cannabis et de haschisch dans le monde, exporte principalement vers le marché européen. Mais les trafiquants pourraient élargir leurs routes intérieures en envoyant le haschisch vers le sud puis vers les côtes marocaines, pour des envois maritimes non commerciaux vers l’Europe ou vers les marchés africains, estime le rapport.

Le haschich marocain est aussi introduit clandestinement en Mauritanie, puis transféré vers l’est à travers le Mali et le Niger vers la Libye, pour être ensuite envoyé par la mer et distribué, précise la même source. Aussi, selon les autorités algériennes, une grande partie de la drogue qui transite en Algérie est constituée de la résine de cannabis en provenance du Maroc.

Variétés hybrides et cocaïne

Autre constat dressé par le département d’État américain: au cours des dix dernières années, les producteurs de cannabis marocains ont remplacé les semences traditionnelles par des souches hybrides capables de produire des rendements plus élevés et des taux de THC (l’une des principales molécules actives du cannabis) plus élevés, selon le rapport. Ainsi, les rendements obtenus à partir de semences hybrides et de techniques agricoles améliorées sont trois à cinq fois plus élevés que ceux obtenus à partir de méthodes de culture de cannabis traditionnelles.

Outre le trafic de haschich, le Maroc est également un point de transit pour les expéditions maritimes commerciales et non commerciales de cocaïne introduite en contrebande en Europe, souligne le département d’État américain, ainsi qu’en Amérique du Sud. “Les organisations criminelles transnationales tirent parti des réseaux de transport préexistants du hachisch au Maroc pour faciliter le flux de cocaïne en provenance de l’Afrique de l’Ouest en direction de l’Europe”.

En 2018, une opération conjointe entre l’Administration pour le contrôle des drogues (DEA) américaine et les forces de l’ordre marocaines avait ainsi permis l’arrestation d’un Brésilien et de cinq Marocains impliqués dans un réseau de trafic de cocaïne, en plus de la saisie de six véhicules, 541 kilos de cocaïne et environ 1,5 million de dollars, rappelle le département d’État américain.