MAROC
09/01/2019 12h:34 CET | Actualisé 09/01/2019 12h:35 CET

Drame d'Imlil: Les révélations d'El Mundo sur l'Hispano-Suisse radicalisé

Pendant son adolescence, il fumait beaucoup de joints, brûlait des voitures et avait fait plusieurs braquages.

Kevin Zoller/Facebook

TERRORISME - Le ressortissant hispano-suisse, père de famille de 25 ans, arrêté dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de deux touristes scandinaves dans la région d’Imlil, près de Marrakech, est un converti qui s’est radicalisé à Genève en Suisse. Le média espagnol El Mundo révèle plusieurs informations sur ce dernier.

Avant de devenir “Abdellah”, il s’appelait Kevin Zoller Guervos. Il est né et il a grandi à Versoix en Suisse. Accusé d’être l’un des instigateurs du meurtre des deux touristes scandinaves dans la région d’Imlil le 17 décembre dernier, Abdellah ne s’est pas sali les mains. Il ne faisait pas partie des trois hommes qui ont décapité Louisa et Maren. Il ne figure pas non plus dans la vidéo postée par les auteurs du crime avec le drapeau de Daech prêtant allégeance à l’organisation “Etat islamique (EI)”… Mais c’est lui qui aurait “formé” les assassins.

Gema, sa mère, raconte au journal espagnol El Mundo sa plongée en enfer depuis le jour où elle a appris que son fils est terroriste. Elle nie qu’il soit impliqué dans cette affaire. “Tout ce qui est dit est un mensonge”. Elle raconte que son fils était un jeune homme qui a vécu une mauvaise adolescence et qui a perdu son père colombien à l’âge de 15 ans. Il fumait beaucoup de joints, brûlait des voitures et avait fait plusieurs braquages. “Il a été placé dans un centre pour mineurs et là on lui a fait choisir entre lire la Bible ou le Coran. Il a choisi le Coran. Après il disait que grâce à ce livre, il s’était rendu compte de toutes ses erreurs”, explique sa mère. Il s’est ensuite converti à l’islam à la mosquée du Petit-Saconnex près de Genève et priait chaque jour pour se faire pardonner par Dieu. Il se rendait souvent à la mosquée mais elle n’avait jamais remarqué quelque chose d’étrange chez lui.

En 2011, Kevin pensait qu’il avait des “démons” dans sa tête qui lui disaient quoi faire, raconte l’un de ses amis à El Mundo. Ce sont ces “démons” qui ont poussé l’État suisse à verser une pension à Kevin lorsqu’il est devenu majeur, en raison de ses problèmes psychiatriques. Et c’est avec cette pension qu’il a pu vivre au Maroc, puisque le gouvernement a continué de la lui transférer après son arrivée à Marrakech en 2015, précise le quotidien espagnol. “Il est parti pour épouser ce qu’il appelait une femme propre (vierge), avant de trouver une femme avec laquelle, aujourd’hui, il a un fils” raconte sa mère.

C’est sa belle-fille qui l’a appelée pour lui annoncer que son fils a été arrêté et a été accusé d’être lié au meurtre des deux touristes, ce que réfute sa mère. “C’est impossible. Kevin, sa femme et mon petit-fils sont venus en Suisse le 15 décembre et sont restés jusqu’au 19. Ils voulaient renouveler rapidement quelques papiers pour qu’elle puisse continuer à venir en Europe et rentrer ensuite au Maroc. Et l’assassinat a été commis le 17”.

Immédiatement, à la télévision marocaine, il a été rapporté que la police avait arrêté un Hispano-Suisse. Une image un peu floue a ensuite été diffusée dans laquelle le présumé terroriste est vu de profil, escorté d’agents, avec une barbe fournie. “Mon fils n’avait pas de barbe et c’est impossible qu’elle ait autant poussé quelques jours après son départ de Suisse. Il m’a dit qu’il avait des projets pour l’avenir, qu’il avait économisé 6 000 francs suisses (5 322 euros) pour acheter une maison”, précise Gema.

L’enquête a révélé que ce dernier était imprégné de l’idéologie extrémiste et violente. Il est en outre soupçonné d’avoir appris à certains suspects les outils technologiques de communication via les nouvelles applications et de les entraîner au tir avec des armes à feu, selon la police marocaine.

Kevin a comparu jeudi dernier, avec 6 autres suspects, devant le juge d’instruction de la cour d’appel de Salé.

La presse suisse a dévoilé que le ressortissant hispano-suisse était connu de la police genevoise pour des faits de droit commun, commis entre 2007 et 2013. Il aurait notamment commis des “infractions à la loi sur les stupéfiants, vol, cambriolage, dommages à la propriété, agression et violence conjugale”.