MAROC
24/12/2018 11h:45 CET

Drame de la maternité des Orangers: L'UMT demande au ministère de la Santé de présenter des excuses aux familles

“La responsabilité de cet incident incombe au ministère de la Santé".

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SYNDICAT - “Les deux infirmières interpellées n’ont pas à assumer la responsabilité des dysfonctionnements”. La Fédération nationale de la santé affiliée au syndicat de l’Union marocaine du travail (FNS/UMT) s’exprime sur le drame survenu le 17 décembre à la maternité des Orangers relevant du CHU Ibn Sina à Rabat. À six nourrissons, un anesthésiant aurait été injecté à la place du vaccin contre l’hépatite B, d’après nos sources. Deux enquêtes menées, l’une par le CHU concerné et l’autre par le ministère de la Santé, sont en cours, en parallèle à celle que mène le parquet de Rabat, pour reconstituer les faits et définir les responsabilités. 

En attendant les résultats, la FNS/UMT a estimé dans un communiqué, publié ce dimanche, que “la responsabilité de cet incident incombe au ministère de la Santé” à qui elle “demande de l’assumer” mais aussi “de présenter des excuses aux familles des nourrissons”. Leur exprimant sa compassion, le syndicat appelle également le ministère à leur garantir “un suivi psychologique” et à veiller à “la prise en charge des victimes”.

La fédération appelle, par ailleurs, à la libération des deux infirmières “refusant que celles-ci “paient les graves conséquences de la situation catastrophique qui prévaut au CHU”. Et de pointer du doigt “plusieurs dysfonctionnements”, dont “la surcharge du travail”, “le manque flagrant des ressources humaines” et “l’inexistence d’un service de réanimation à la maternité des Orangers”. 

Autres défaillances relevées par le syndicat: “la similitude entre les flacons des produits pharmaceutiques” et “l’absence d’une logistique spécifique à la conservation des produits pharmaceutiques pouvant présenter un danger permettant de les isoler des vaccins à utilisation fréquente”.

La FNS/UMT appelle ainsi toutes les parties liées de près à “intervenir  d’urgence” pour remonter “aux véritables origines” du drame et “rendre justice aux victimes dont les deux infirmières arrêtées”. 

L’Association marocaine des sciences infirmières et techniques sanitaires (AMSITS) avait, elle aussi, pris la défense de ces deux infirmières exprimant sa crainte qu’elles deviennent des “boucs-émissaires” d’une erreur dont “elles ne sont pas responsables”, a-t-elle soutenu.