MAROC
18/12/2018 17h:56 CET | Actualisé 21/12/2018 15h:48 CET

Drame à la maternité des Orangers à Rabat: Trois bébés seraient morts suite à une erreur médicale

"Ce serait une erreur de produit pharmaceutique".

Arrow via Getty Images

DRAME - “Ils se sont trompés de produit pharmaceutique”. C’est une source sûre à la maternité des Orangers, relevant du CHU Ibn Sina de Rabat, qui explique au HuffPost Maroc l’origine du décès d’au moins un nouveau-né.

Les faits remontent à hier, lundi dans la matinée, lorsque “l’infirmière a injecté à six nourrissons un curare, produit anesthésiant, au lieu d’un vaccin”, nous précise notre source, indiquant que l’infirmière “n’a fait qu’administrer un produit que lui a donné la pharmacienne de l’hôpital”.

Les effets de cette erreur n’ont pas tardé à paraître: un nourrisson est mort d’un arrêt respiratoire provoqué par l’anesthésiant, tandis que d’autres ont été transférés d’urgence à l’hôpital d’enfants (CHU Ibn Sina) pour être admis à la réanimation suite à une détresse respiratoire. Mais, à en croire le président du Réseau marocain pour la défense du droit à la santé, Ali Lotfi: “deux autres nouveaux-nés en réanimation à l’hôpital d’enfants seraient également décédés. C’est honteux qu’ils n’aient pas pu être pris en charge immédiatement sur place à la maternité des Orangers parce que celle-ci ne dispose pas d’une réanimation”.

Le militant ne mâche pas ses mots. Si les autres nourrissons ayant reçu le produit “se portent mieux”, d’après notre source, Ali Lotfi, lui, soutient que ce genre de décès et complications auraient pu être évités. “Dès qu’il y a complication, c’est vers la maternité du Souissi (qui relève également du CHU Ibn Sina) que le transfert a lieu et là on est obligé de recourir à une ambulance équipée pour transporter le nouveau-né. C’est à se demander à quoi sert la maternité des Orangers”, s’interroge-t-il.

Ali Lotfi pointe du doigt une “mauvaise gestion des services hospitaliers” et se dit convaincu que “si la maternité des Orangers avait pris place dans l’un des 5 étages vides de la maternité Souissi, des vies auraient pu être sauvées”.

Plus grave, le Réseau marocain pour la défense du droit à la santé impute l’incident à “l’échec d’un test”. Dans un communiqué publié aujourd’hui, il soutient une toute autre thèse selon laquelle les nourrissons “auraient reçu un nouveau vaccin inoculé pour la première fois, ce qui aurait suscité des effets négatifs”.

Pour le vérifier, le HuffPost Maroc a tenté de joindre plusieurs fois le directeur général du CHU Ibn Sina sans succès, ainsi que le cabinet du ministre de la Santé qui s’est excusé en “raison d’une activité” ministérielle.

En attendant, l’affaire est aux mains de la justice qui a ouvert une enquête. La pharmacienne de l’hôpital aurait été auditionnée plusieurs heures, le jour de l’incident, nous rapporte une source sûre. Et d’ajouter que les parents des victimes ont exprimé leur colère auprès de la direction de l’hôpital. “Si les parents saisissent la justice, nous nous porterons partie civile pour les soutenir”, prévient Ali Lotfi, affirmant, que, pour l’instant, le réseau suit de près cette affaire.