MAROC
28/09/2018 11h:22 CET

Douar El Ouasti: La préfecture de Aïn Sebaa réagit à la vidéo de démolition du bidonville

7 ménages ont refusé le transfert.

DR

PRÉCISION - “Ils ont bien été informés”. Quelques jours après la démolition du bidonville casablancais El Ouasti, la préfecture des arrondissements Aïn Sebaa-Hay Mohammadi réagit à une vidéo, dont des extraits ont été relayés par certains médias. Elle montre des habitants en colère dénonçant l’opération de démolition effectuée le samedi 22 septembre arguant ne pas en avoir été avisés.

Faux, répond cette préfecture dans un communiqué dans lequel elle explique avoir procédé à cette opération après accord et négociations ayant débuté au mois de janvier de cette année. “Les préparatifs à cette opération se sont déroulés dans le cadre de rencontres et de réunions au niveau d’une commission préfectorale constituée de représentants des autorités locales, de services externes concernés, d’élus et de représentants des habitants”, indique-t-elle. Et de préciser que “le dialogue avec l’ensemble des parties concernées a abouti à un accord fixant comme deadline pour l’exécution du transfert la fin du mois d’août”.

Un comité de représentants des habitants devait, ensuite, en informer le reste, précise la même source, soulignant avoir procédé à la démolition de toutes les habitations du douar, samedi dernier, sur cette base et après deux demandes de report faites par les concernés. “Nous avons enregistré le refus de 7 ménages de quitter le douar”, annonce la préfecture, précisant que ces ménages ont revendiqué “des privilèges en plus que les autres”.

Selon la préfecture, douar El Ouasti comptait 976 ménages qui habitaient 752 baraques. Ils ont bénéficié, ajoute-t-elle, de lots de terrains dans un projet résidentiel “Ryad” que réalise la SDL (Société de développement local) Idmaj-Sakan. L’opération, elle, s’inscrit dans le cadre d’un programme plus vaste visant à reloger tous les habitants des bidonvilles, indique la préfecture. 

Au HuffPost Maroc, Karim Glaibi (PAM), membre du conseil de la ville de Casablanca avait évoqué, à ce sujet, un problème de taille: celui des sites dans lesquels sont transférés les habitants relogés. Dans ce cas, les habitants de douar El Ouasti se retrouvent à Sidi Hajjaj.

“La société Idmaj Sakan qui est chargée de la mise en exécution de la lutte contre l’habitat insalubre dans la région aurait dû d’abord s’assurer de la disponibilité des infrastructures vitales”, avait-t-il souligné. Et de préciser: “Il faut que toutes les conditions de vie soient réunies avant de procéder à des relogements. Il faut des zones industrielles, des écoles, des centres de santé, des marchés… avant d’imposer le transfert aux habitants”.