MAROC
11/04/2019 11h:44 CET

Dopage: Abdeslam Ahizoune réagit à l'annulation d'un stage de la Fédération française d'athlétisme à Ifrane

Le patron de la Fédération royale marocaine d'athlétisme n'est pas content.

Matthew Lewis via Getty Images

ATHLÉTISME - Le feuilleton Clémence Calvin est loin d’être fini. Depuis que la marathonienne française a esquivé un contrôle antidopage à Marrakech le 27 mars dernier, les dirigeants de la Fédération française d’athlétisme (FFA) ont le Maroc dans le viseur. Ils considèrent le royaume comme une plaque tournante du dopage et notamment la ville d’Ifrane, lieu d’entraînement de nombreux athlètes internationaux, où il serait facile de se procurer des substances interdites.

La FFA vient ainsi d’annuler un prochain stage fédéral avec plusieurs athlètes internationaux prévu à partir du 18 avril dans la ville marocaine. Des jugements et décisions qui n’ont pas plu à Abdeslam Ahizoune, président de la Fédération royale marocaine d’athlétisme. Interrogé par L’Équipe, le patron de la FRMA n’a pas caché sa colère.

“Il y a un problème de dopage en France, comme ailleurs et nous pointer nous, fédération étrangère d’un pays ami, c’est faire diversion. Ça aurait pu se passer dans n’importe quel pays, et on nous pointe du doigt. Ce n’est pas les Marocains qui titillent le diable”, s’est-il indigné dans les colonnes du quotidien sportif, tout en défendant le site d’Ifrane. “Ifrane est une des villes les plus propres du monde, ce n’est pas une bourgade, comme j’ai pu le lire ailleurs. Je sens dans tout ça des relents colonialistes”, a t-il ajouté.

Le président de la FRMA a expliqué qu’au-delà de ce que demande l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF), sa fédération fournit des efforts supplémentaires. “Nous avons porté plainte contre les dealers, contre X bien sûr, parce que nous ne les connaissons pas. Il faut considérer tout ça et ne pas faire diversion. Il faut une coopération respectueuse pour lutter contre ce fléau.”

Interrogé sur une discussion avec son homologue français André Giraud, le Marocain a d’abord déclaré ne pas vouloir aborder le sujet avec lui. “Je ne veux pas lui parler de ça, et il ne m’appellera pas. Je me rappelle juste que quand un athlète français gagne une médaille il est bien français, mais s’il se révèle dopé et qu’il est d’origine étrangère, il redevient étranger. Mais je vais l’appeler”, a-t-il finalement conclu.

Rappelons que Clémence Calvin et son mari Samir Dahmani, également son entraîneur, sont tous les deux suspendus provisoirement. “Clémence Calvin s’est vue notifier deux manquements: un manquement à une obligation de géolocalisation, un no-show, le 27 mars après 20 heures. Deuxièmement, elle s’est vue notifier par l’AFLD une suspension à titre provisoire, dans le cadre d’une procédure disciplinaire qui est motivée par une soustraction, j’ouvre les guillemets, à un prélèvement d’échantillon”, avait expliqué son avocat, alors que son mari, lui, est suspendu provisoirement pour ”obstruction à un contrôle antidopage”.

Lors d’une conférence de presse donnée mercredi, l’athlète française avait assuré que ce qu’elle a vécu le 27 mars ”était tout sauf un contrôle”. “C’était d’une grande violence, ça m’est tombé dessus, c’est une incompréhension totale. (...) Ça faisait deux jours qu’on s’entraînait à Marrakech. C’était l’après-midi de repos, pour fêter les 2 ans de mon fils. (...) Des gens sont arrivés en courant vers moi, par derrière. Ils m’ont saisi par le bras et ils m’ont dit ’police française, il est où Dahmani?’Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait”, a-t-elle raconté.