MAROC
11/03/2015 04h:32 CET | Actualisé 11/03/2015 04h:55 CET

Don d'organes: L'hôpital Avicenne de Rabat lance une campagne de sensibilisation

Gotama2.0/Flickr
Don d'organes: A votre bon coeur!

SANTÉ - Le don d’organes peut sauver des vies mais se heurte encore au Maroc à des réticences religieuses infondées. Le point.

Selon les chiffres du Centre hospitalier Avicenne de Rabat, il y a eu en 2014 seulement 25 greffes par million d’habitants et à peine 0,4 donneurs pour tous types d’organes au Maroc. Des résultats très en deçà des besoins réels.

"De plus, seulement un millier de personnes sont inscrites dans le registre de dons", déplore le docteur Anouar Cherkaoui, responsable de la communication de l’hôpital Avicenne, interrogé par le HuffPost Maroc.

Pour alerter la population sur l’importance du don d’organes, l’hôpital Avicenne lance ainsi le 12 mars une campagne de sensibilisation. "Des t-shirts et des casquettes seront distribués, puis nous marcherons depuis l’hôpital Avicenne jusqu’à l’hôpital pour enfants. Il y a urgence car énormément de maladies peuvent être traitées par la greffe de la moelle osseuse chez l’enfant, notamment certaines formes de cancer", souligne en particulier Anouar Cherkaoui.

"Aujourd’hui, nous faisons entre 20 à 30 greffes de reins par an, chiffre que l’on aimerait doubler assez vite", explique-t-il. "L’idée, c’est que sur les quatre CHU du royaume, on arrive à 450 greffes par an et qu’on réalise au moins une centaine de greffes de cornée par an", espère le docteur Cherkaoui.

"C’est la première fois que nous organisons ce type de marche. Auparavant, nous avons lancé des campagnes de sensibilisation auprès de 200 infirmiers pour informer les professionnels de la santé sur l’importance du don d’organes".

Une évidence médicale sous d’autres cieux mais qui ne l’est pas au Maroc: "Le personnel de santé a souvent des blocages quand on évoque cette question.”

Pourtant le don d’organes, en plus de sauver des vies, évite de passer par des soins coûteux pour le patient. C’est ainsi qu’une une greffe de reins est beaucoup moins chère qu’un traitement à vie de dialyse reinale.

Que dit l’islam?

Pour lutter contre les préjugés d’ordre religieux, l’hôpital Avicenne conviera à son évènement des oulémas afin d’expliquer que le don d’organes n’est pas interdit en islam. "Les gens pensent souvent que le corps du défunt doit être enterré avec la totalité de ses organes pour respecter les principes islamiques. Or il n’en est rien. Se référant au coran, de nombreux penseurs musulmans ont expliqués que l’islam n’est pas contre le don de rein, de cornée ou du coeur" poursuit le docteur Cherkaoui.

“Maintenant, il faut que la législation suive et que les démarches soient allégées pour faciliter la tâche aux personnes qui souhaitent faire leur don" souligne Anouar Cherkaoui. En effet, pour se porter volontaire au don d’organes, les démarches administratives restent aujourd’hui longues et fastidieuses.

Les opérations de greffe les plus demandées sont celles de la cornée (qui permet dans certains cas de retrouver la vue), des reins (lorsqu’un donneur décède, il peut sauver deux vies), et de moelle osseuse (celle de l’adulte peut sauver un enfant du cancer).

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