TUNISIE
31/10/2018 19h:34 CET

Doing Business 2019: La Tunisie gagne 8 places et se hisse au 80ème rang

Le pays gagne du terrain et se place 5ème au niveau africain.

News18

Le classement annuel Doing Business du groupe de la Banque Mondiale vient d’être dévoilé. Il pointe la Tunisie à la 80ème place, derrière le Maroc et la France.

Avec un score global de 66,11, la Tunisie gagne huit places par rapport à l’année dernière et devance l’Egypte et la Mauritanie.

 

La Tunisie se trouve cette année cinquième dans le classement des pays de la région MENA où les Emirats Arabes Unis (11ème), le Maroc (60ème) et le Bahreïn (62ème) sont en haut de podium.

Ce bond de la Tunisie s’explique par le nombre de réformes achevées ces derniers temps. En effet, le pays a gagné du terrain au niveau de la création d’entreprise, du transfert de propriété, de la protection des investisseurs minoritaires et le paiement des taxes et des impôts.

Mais au niveau du règlement de l’insolvabilité, il reste beaucoup à faire d’après le rapport. 

Pour Georges Joseph Ghorra, représentant résident en Tunisie de la Société Financière Internationale (SFI), la Tunisie a fait d’énormes progrès en terme de valeurs absolues. “Sur 7 des 10 critères la Tunisie a avancé, un seule a reculé et deux sont restés les mêmes, en terme de valeurs absolues. Pour moi, les valeurs absolues veulent dire plus que le classement” confie-t-il au HuffPost Tunisie.  

Suivant une analyse plus fine de l’indicateur “Starting Business”, la Tunisie se hisse au 63ème rang avec un score élevé de 90,23 points. Une évolution de 6,93% a été enregistrée par rapport à l’année précédente. “Il y a eu une suspension de plusieurs autorisations décidée par le ministère Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale  (...) On pourrait l’améliorer encore, mais la Tunisie a fait des efforts énormes qu’il faut souligner en la matière” souligne Georges Joseph Ghorra. 

Selon ce rapport, il est plus facile de réaliser des affaires au Maroc ou en Mauritanie qu’en Tunisie. 

 

De son côté, Abdoulaye Sy, économiste principal à la SFI, a estimé que la création du guichet unique a boosté le classement de la Tunisie en allégeant les procédures relatives au lancement des affaires dans le pays. Il a noté que ”pour chaque indicateur il y a 3 critères pris en comptes à savoir : la complexité des procédures, la durée et le coût économique”

Pourquoi la Tunisie est dans le top 5 des pays africains et arabes?

Classée cinquième à l’échelle du continent africain et cinquième au niveau des pays arabes, la Tunisie progresse et continue de mener des efforts en vue d’améliorer sa position. Grâce à ses différents atouts notamment sa proximité avec l’Europe, le pays séduit encore les investisseurs étrangers, estime Georges Joseph Ghorra.  

“Aujourd’hui, un investisseur étranger regarde autour de lui: La Tunisie a le gros avantage de l’éducation. On voit ici des gens qui ont des degrés assez avancés et sont ouverts sur le monde. La proximité de l’Europe (...) joue aussi un peu en faveur de la Tunisie” explique-t-il.

Pour étayer ses propos, ce dernier note que “les points forts qui ont vraiment aidé à l’amélioration, c’est la facilité de créer des entreprises, le transfert de propriété et enfin la protection des investisseurs minoritaires”

Et d’ajouter qu’ “il y a un seul point où on a régressé, c’est au niveau du commerce frontalier”. En effet, d’après lui, la logistique est devenue plus coûteuse et moins efficace qu’avant. 

“La Tunisie doit continuer sur sa lancée. On a encore des opportunités pour améliorer encore plus les choses”, conclut Georges Joseph Ghorra sur une note optimiste. 

Quels sont les mauvais élèves dans la région MENA?

Marquée par une instabilité politique persistante, la Syrie figure à la 179 ème place, devançant la Libye au 186 ème rang et le Yémen au 187ème qui sont les moins bien classés par Doing Business 2019.

L’Algérie, le Liban et l’Egypte sont également à la traîne. 

Le trio de tête n’a pas changé

Les dix économies qui arrivent en tête du classement annuel du Groupe de la Banque mondiale sur la facilité de faire des affaires sont la Nouvelle-Zélande, le Singapour et le Danemark, qui conservent leur premier, deuxième et troisième rang pour la deuxième année consécutive, suivis de Hong Kong, de la République de Corée, de la Géorgie, de la Norvège, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Macédoine.

 
Concernant les changements notables intervenus dans les 20 économies en tête du classement cette année, les Emirats arabes unis (EAU) rejoignent le classement pour la première fois, au 11ème rang, tandis que la Malaisie et l’île Maurice gagnent des places, arrivant respectivement 15 ème et 20 ème.


Les dix économies où les améliorations sont les plus sensibles sont l’Afghanistan, le Djibouti, la Chine, l’Azerbaïdjan, l’Inde, le Togo, le Kenya, la Côte d’Ivoire, la Turquie et le Rwanda.

L’Afghanistan et la Turquie, qui figurent pour la première fois parmi les pays les plus réformateurs, ont introduit un nombre record de réformes en un an seulement (respectivement cinq et sept réformes).

À noter que 314 nouvelles réformes dans le monde ont été recensées, un chiffre record selon la même source.


“La diversité des pays se classant parmi les plus réformateurs montre que des économies de toutes tailles et de tous niveaux de revenus, et même des économies en situation de conflit, peuvent améliorer le climat des affaires pour les petites et moyennes entreprises du pays.

Le rapport Doing Business fournit aux gouvernements du monde entier une feuille de route permettant de renforcer la confiance, l’innovation et la croissance des entreprises, mais aussi d’endiguer la corruption”, estime Shanta Devarajan, économiste en chef par intérim et directeur principal pour l’économie du développement à la Banque mondiale.


Doing Business 2019 est le 16ème d’une série de rapports annuels mesurant les régulations favorables et défavorables à l’activité commerciale. Il présente des indicateurs quantitatifs sur la réglementation des affaires ainsi que sur la protection des droits de propriété de 190 économies .


Doing Business mesure les réglementations concernant 11 domaines du cycle de vie d’une entreprise. Dix de ces domaines sont inclus dans le classement de cette année sur la facilité de faire des affaires: création d’entreprise, l’obtention d’un permis de construire, raccordement à l’électricité, transfert de propriété, obtention de prêts, protection des investisseurs minoritaires, paiement des taxes et impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité.

Doing Business mesure également la réglementation du marché du travail. Ce domaine n’est pas inclus dans le classement de cette année. 

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