MAGHREB
04/11/2015 12h:27 CET | Actualisé 04/11/2015 12h:30 CET

Tunisie - Droits LGBT: Michael Moore se justifie sur son dernier documentaire et évoque le cas de Marwen

Facebook/Amel Smaoui

Le dernier documentaire de Michael Moore, "Where To Invade Next", n'a pas fini de faire parler de lui.

Ce dernier a été vivement critiqué par Buzz Bissinger, un journaliste américain très populaire, lors de sa diffusion dans un festival de Philadelphie.

Selon Bissinger, le documentaire contiendrait une interview avec l'un dirigeant du parti Ennahdha, qui donnerait l'impression que la Tunisie soutiendrait la communauté LGBT et ses droits.

"Dans le film, Moore essaie de dire que la Tunisie a adopté une politique plus éclairée envers les homosexuels que la nôtre", a déclaré le journaliste.

Pour appuyer ses dires, Buzz Bissinger a rappelé le cas récent du jeune étudiant qui avait dû subir un test anal avant d'être condamné à un an de prison.

"Je ne vais pas vous raconter toutes les mauvaises choses dans ces pays - ce n'est pas l'objectif de ce film", a expliqué Moore. Le réalisateur a également promis de se renseigner sur les cas cités par Bissinger en Tunisie.

En début de semaine, Michael Moore a diffusé un communiqué sur son blog, mentionnant entre autre le fait qu'il n'ait pas entendu parler du jeune condamné pour pratiques homosexuelles (le documentaire avait été réalisé quelques semaines auparavant).

Michael Moore a également justifié l'image qu'il s'est fait de la Tunisie en faisant allusion au fait que l'égalité hommes/femmes ait été votée lorsque Ennahdha était au pouvoir, évoquant la polémique sur la notion de complémentarité de la femme par rapport à l'homme.

"Ce qui était vraiment spécial en Tunisie, c'était que quand le parti islamiste alors au pouvoir s'était opposé à l'égalité des droits pour la femme, les femmes tunisiennes (et beaucoup d'hommes) étaient descendus dans la rue afin de se battre pour l'égalité. Lorsque le parti islamiste a vu que la grande majorité des gens voulaient cette (égalité), ils sont allés dans ce sens et le Parlement l'a approuvé", a affirmé le réalisateur.

"Dans le film, nous avons interviewé l'un des fondateurs du parti islamiste et il a expliqué qu'aucune religion n'étant en droit d'imposer ses croyances à ses citoyens - y compris pour des choses comme la manière dont les femmes devraient s'habiller ou ce que les personnes homosexuelles choisissent de faire dans l'intimité de leur maison. Il n'est maintenant plus au pouvoir, son parti est en minorité et il n'exprime que ses opinions personnelles. Il avait également annoncé publiquement précédemment que l'homosexualité ne devait pas être criminalisée en Tunisie", a déclaré Michael Moore sur son blog.

"Bien que la Tunisie démocratique et libre soit un meilleur endroit pour vivre, comme dans le reste du monde, il n'est pas facile d'y être gay. Il y a encore beaucoup de travail à faire", a ajouté le réalisateur.

Si Rached Ghannouchi, leader du parti Ennahdha, avait effectivement déclaré dans un livre d'entretiens avec un journaliste français que les pratiques homosexuelles ne devaient pas être criminalisées car l'Etat n'avait pas à s'immiscer dans la vie des personnes, il s'est cependant contredit récemment, lors d'une interview diffusée sur France 24.

En plus d'avoir salué la position du président de la République Béji Caïd Essebsi contre l'abrogation des dispositions du code pénal criminalisant les pratiques homosexuelles, Rached Ghannouchi s'est dit opposé à toute relation hors mariage, estimant que la législation tunisienne devait encourager le mariage.

L'article 230 du Code pénal prévoit une peine allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement contre les personnes condamnées pour des pratiques homosexuelles.

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