ALGÉRIE
10/08/2019 15h:08 CET

Dilapidation du foncier à Mostaganem: les dossiers de plusieurs walis transmis à la cour suprême

Capture ecran

Le juge d’instruction près le tribunal de Sidi Ali, à Mostaganem, a transmis mercredi les dossiers de plusieurs walis à la cour suprême, apprend-on de bonnes sources. Il s’agit du wali de Mostaganem, Abdennour Rabhi et de trois autres walis, dont Abdelwahid Temmar, ancien ministre de l’habitat dans le gouvernement Ouyahia,  le wali de Saïda, Seïf Al-Islam Louh, le frère de l’ancien ministre de la justice, Messaoud Hadjadj, wali d’Oum El Bouaghi et ex SG de la wilaya de Mostaganem. 

Dans les mêmes affaires, le 18 juillet dernier, le chef de la daïra de Sidi Lakhdar à Mostaganem et des cadres de son administration ont  été placés sous contrôle judiciaire par le magistrat instructeur près du tribunal de Sidi Ali. Les  documents de voyages leur ont été retirés en attendant la fin de l’instruction de l’affaire diligentée au début du mois concernant la dilapidation du foncier touristique de la commune de Sidi Lakhdar et l’abus de pouvoir pour obtenir des avantages.

C’est l’aboutissement d’une instruction rendue difficile par des tentatives “ venant de milieux aussi bien judiciaires que sécuritaires” de l’entraver.  Ce dossier comporte de graves accusations de pillage et dilapidation du foncier touristique et de détournement de foncier à vocation agricole ainsi que des accusations de corruption, de non respect du code des marchés publics, abus d’autorité et détournement de deniers publics.

Ces walis sont suspectés également d’avoir favorisé des affairistes à travers l’octroi de marchés publics, ce qui a permis la constitution de fortunes rapides. Ces affairistes qui, dit-on, ont bénéficié de protections au niveau de la justice et de la magistrature qui leur a permis de tirer des profits indus au niveau de la wilaya de Mostaganem qui connaît une activité commerciale et économique soutenue. Mais où malgré des dilapidations visibles du foncier, la justice est restée inactive. 

 “Protections”

On souligne à cet effet que l’ancien inspecteur général du ministère de la justice Benhachem Tayeb, qui a été  a été mis sous interdiction de sortir du territoire national (ISTN), a présidé la cour de justice de Mostaganem pendant dix ans, ce qui expliquerait l’absence d’ouverture de procédures judiciaires sur des affaires qui ont choqué la société civile à Mostaganem. 

Ces affaires sont désormais suivies avec beaucoup d’intérêt par les mostaganémois qui n’ont pas l’habitude voir la justice s’intéresser à des hommes d’affaires qui semblaient à l’abri de tout question et assurés d’une impunité à toute épreuve. Cette combinaison de l’affairisme avec l’administration a lourdement pesé. On apprend, de mêmes sources, à cet effet que l’actuel wali de Mostaganem, Rabhi Abdenour, parent par alliance de Ali Haddad qui a bénéficié, avec d’autres hommes d’affaires, comme Kouninef et Moulfi, de projets à Mostaganem au nom d’entreprises tierces. Ils auraient acquis de grands terrains notamment dans les communes de Benadelmalek Ramdane et Sayada.