TUNISIE
24/05/2018 08h:53 CET

Diffusion de la caméra cachée "Shalom": La HAICA entre en jeu

L’autorité de régulation audiovisuelle a demandé quelques modifications...

Capture ecran/Facebook/Tunisna

La Haute autorité indépendante de la Communication audiovisuelle (HAICA) a décidé mercredi d’apporter des modifications au générique de la “caméra cachée” “Shalom” diffusée pendant le mois de ramadan sur la chaîne de télévision privée “Tounesna”.

L’idée de cette “caméra cachée” consiste à inviter une personnalité à un entretien télévisé. Une fois sur les lieux, elle se rend compte qu’elle se trouve dans les locaux d’une représentation diplomatique israélienne en Tunisie. Des comédiens qui jouent le rôle de diplomates israéliens proposent aux invités des formes de collaboration avec l’entité sioniste contre des sommes d’argent alléchantes.

Selon un communiqué de la HAICA, les modifications portent sur le retrait du drapeau de israélien du générique.

“L’apparition du drapeau israélien au générique risque de heurter le sentiment populaire, surtout que l’entité sioniste ne cesse de commettre les crimes les plus atroces contre le peuple palestinien”, a-t-elle expliqué.

L’autorité de régulation audiovisuelle a également sommé la chaîne de télévision “Tounesna” de retirer l’épisode de caméra cachée diffusé le 21 mai 2018 de son site électronique officiel et de l’ensemble de ses pages des réseaux sociaux et de ne pas le rediffuser ou d’en exploiter une partie.

“Cet épisode comporte une violation de la dignité de l’homme, dans la mesure où il pousse l’invité à émettre des déclarations et des positions sur la normalisation avec l’entité sioniste en présence d’une personne armée”, a-t-elle regretté.

À ce propos, elle a décidé de soumettre ce dossier à l’examen du Conseil de la HAICA conformément aux dispositions de l’aliéna 4 de l’article 30 du décret-loi n°2011-116.

Invité de l’épisode du 21 mai 2018, Abderraouf Ayadi était bouleversé et secoué, surtout qu’il était dans un endroit clos en présence d’une personne armée. Une telle ambiance tendue risque de le pousser à faire des déclarations contraires à ses convictions par crainte de subir une agression physique, a-t-elle expliqué.

Cet épisode représente une violation des dispositions de l’article 5 du décret-loi n°2011-116 qui impose le respect de la dignité de l’individu et de la vie privée.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a critiqué mardi la caméra cachée ”Shalom” qui, a-t-il estimé, “représente une violation criante de la déontologie de la profession médiatique”.

“Une telle série n’a aucun rapport avec la production journaliste et médiatique. Elle ne répond pas non plus aux normes du journalisme d’investigation ni à celles des émissions divertissantes de caméra cachée”, a souligné le Syndicat.

 

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