MAROC
26/04/2019 11h:49 CET

Dialogue social: Un accord tripartite a été signé jeudi

Seule la CDT s'est rétractée.

Primature

COMPROMIS - C’est un soulagement pour Saad-Eddine El Othmani. Le chef du gouvernement est parvenu, après deux années de pourparlers, à se mettre d’accord avec les représentants des salariés et des fonctionnaires sur les termes du compromis social. Le document de 6 pages a été signé, hier soir au siège de la primature, par le chef du  gouvernement, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Salaheddine Mezouar et les patrons de trois centrales syndicales, en l’occurrence, Miloudi Moukharik de l’Union marocaine du travail (UMT), Naâm Miyara de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et Abdelilah El Hallouti de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM).

La Confédération démocratique du travail (CDT), représenté par son secrétaire général, Abdelkader Zaër, a, elle, décidé de se retirer arguant, dans un communiqué, que l’accord “ne prend pas en considération la totalité des questions essentielles dans tout compromis social”. Elle précise, entre autres, que “toutes les mesures visant l’amélioration des salaires doivent être effectives dès le 1er mai 2019″. L’accord doit aussi stipuler “l’engagement de mettre les lois sociales sur la table des discussions”, explique cette centrale syndicale appelant, par ailleurs, à ce que ce compromis intègre “la révision de la taxe sur le revenu et en dispenser les retraités dans le projet de loi de finances 2020″. 

Pour El Othmani, cet accord tripartite d’une durée de trois ans, 2019-2021, répond à “l’amélioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires et des salariés du secteur privé pour la promotion sociale dans notre pays”. C’est ce qu’il affirme sur sa page Facebook en partageant des photos immortalisant cette signature “historique” pour le gouvernement qui avait été débouté, au même moment de l’année dernière lorsque le dialogue social s’est bloqué.  

En quoi consiste l’accord?  La plus grande partie concerne les augmentations de salaires. Comme annoncé par le HuffPost Maroc, cet accord octroie une augmentation de 500 dirhams net au profit des fonctionnaires du secteur public classés à l’échelle 6, 7, 8, 9 et échelons de 1 à 5 de l’échelle 10. Elle leur sera versée en trois tranches: 200DH à partir du 1er mai 2019, 200DH dès janvier 2020, et 100DH en janvier 2021. 

Une augmentation de 400 dirhams est prévue pour les fonctionnaires échelon 6 et plus de l’échelle 10. Là aussi, le versement se fera en  trois tranches: 200DH à partir du 1er mai 2019, 100DH en janvier 2020 et 100DH en janvier 2021.

D’ici l’an 2021, cette augmentation coûtera à l’Etat 7 milliards de dirhams, a précisé El Othmani dans un discours prononcé à l’occasion. Et de préciser que près de 800.000 fonctionnaires sont concernés.

Un nouveau grade de promotion pour les fonctionnaires, dont le parcours de promotion s’achève au niveau des échelles 8 et 9, est également prévu dans cet accord qui ne précise pas, par contre, de délais.

Le compromis prévoit une autre promotion au profit des enseignants du primaire et du personnel détaché de l’économie et de l’administration ainsi qu’aux attachés pédagogiques de 2e grade ayant intégré la fonction publique avec échelle 7 et 8. Il est question, pour le gouvernement, comme le stipule d’ailleurs l’accord, d’améliorer les conditions de promotion de plusieurs catégories de l’Éducation nationale.

Dans le privé, le compromis accorde une augmentation de 10% du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et du salaire minimum agricole garanti (SMAG) échelonnée sur deux ans: 5% en juillet 2019 et 5% en juillet 2020.

Aux secteurs privé et public, les salariés auront droit à une allocation familiale de 100DH pour chaque enfant dans la limite de trois enfants qui sera versée à partir du 1er juillet 2019. Du côté de l’État, le budget que nécessitera cet investissement est estimé à 1 milliard de dirham par an au profit de 400.000 fonctionnaires.