MAROC
10/01/2019 15h:30 CET

Dialogue social: La CDT ne cède pas malgré la médiation de Laftit

Laftit, médiateur entre syndicats et gouvernement.

Stringer . / Reuters

SYNDICATS - La Confédération démocratique du travail (CDT) ne veut pas renoncer à son boycott du dialogue social. “Nous demandons au gouvernement d’accorder à la classe ouvrière ses droits les plus légitimes. Mais cela relève, d’après ce qu’il nous dit, d’une grande difficulté”, déclare au HuffPost Maroc le secrétaire général de la CDT, Abdelkader Zaër

D’après le nouveau patron de cette centrale syndicale, il est inconcevable de se remettre à la table des négociations si le gouvernement n’accepte pas d’augmenter les salaires. “Mais comment se fait-il que depuis 7 ans aucun sou ne soit rajouté au salaire? C’est, pour nous, l’une des conditions sine qua non pour reprendre ce dialogue social et c’est ce que nous avons expliqué au ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, lorsqu’il nous a rencontrés mardi”, précise-t-il. 

Dans le but de désamorcer la crise entre syndicats et gouvernement, c’est à Laftif que le chef du gouvernement a confié le rôle de médiateur. Ce dernier a donc tenu une réunion avec le bureau central de la CDT au siège de son département. “Si le gouvernement ne nous apporte même pas une once d’espoir, nous ne trouvons aucun intérêt à rallier ce dialogue social”, estime le secrétaire général du syndicat. 

La CDT maintient son dossier revendicatif et demande à ce que l’accord du 26 avril soit mis en oeuvre dans le moindre de ses articles. En plus de l’augmentation des salaires et du SMIG, la confédération appelle aussi à une équité entre les salaires minimums permettant au secteur agricole d’être sur un pied d’égalité avec celui de l’industrie et des services.

Cette centrale syndicale insiste aussi sur la révision de la taxe sur le revenu appelant le gouvernement à en dispenser les retraités et à respecter les libertés syndicales. Sur ce point précisément, la CDT revendique la ratification par le Maroc de la Convention n°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la suppression du code pénal marocain de l’article 288.

En plus de son dossier revendicatif, la CDT maintient aussi ses démarches de protestations dont une marche nationale qu’elle compte organiser demain à bord de voitures, en contestation des “restrictions des libertés syndicales à Tanger Med”.

Si la CDT a maintenu son boycott du dialogue social, l’aile syndicale du PJD, l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), elle, a renouvelé son adhésion, à l’occasion de la médiation que mène le ministre de l’Intérieur. Ce dernier les a reçu hier soir au sein de son département, suite à son invitation. “La rencontre s’est déroulée dans un climat positif et responsable”, estime l’UNTM dans un communiqué publié ce jeudi. Elle y précise que l’ordre du jour a été consacré à l’étude des moyens pouvant donner un nouveau souffle au dialogue social. “Cette rencontre a été l’occasion pour la direction de l’UNTM de renouveler sa volonté d’arriver à un accord consensuel qui répond aux attentes des salariés marocains”, indique le syndicat dans son communiqué. 

L’UNTM précise, toutefois, que la délégation qui l’a représentée à cette réunion, composée du secrétaire général Abdelilah Hallouti, son adjoint Abdessamad Mariami et du membre du bureau national Abdelilah Idahman, a mis l’accent sur “la nécessité pour le gouvernement de faire une meilleure offre ayant un impact général sur tous les salariés sans aucune discrimination”. 

Sur la question, le ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, Mohamed Yatim, a été interpellé à la Chambre des conseillers, mardi dernier. Il a précisé que “le gouvernement tient à faire aboutir le dialogue social” et rappelle que le patronat est aussi partie prenante dans ce dernier. Pour Yatim, certaines questions reviennent plus que d’autres et c’est ce qui suscite un blocage que le gouvernement prendra le temps de désamorcer.