MAROC
14/11/2018 17h:25 CET

Au Maroc, une personne atteinte du diabète sur deux ne le sait pas

Apprenez à connaître la maladie pour mieux la prévenir ou la traiter.

Mario Anzuoni / Reuters

SANTÉ - La prise de conscience compte plus que le traitement. Cette année, la journée mondiale du diabète, célébrée le 14 novembre, soulève le problème de la sensibilisation. La Fédération internationale du diabète (FID) estime que cette maladie chronique n’est toujours pas connue auprès des populations et choisit ainsi d’axer sa célébration sur la famille. Avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), elle a donc choisi pour thème “Le diabète concerne chaque famille”.

Au Maroc, 50% de la population atteinte, de 18 ans et plus, l’ignore, indique un communiqué du ministère de la Santé estimant le nombre de diabétiques à l’échelle nationale à plus de 2 millions de personnes. Quant au nombre d’enfants diabétiques, il dépasserait les 15.000, ajoute la même source. Une problématique de santé publique qui épuise les caisses de l’assurance maladie dont près de la moitié des ressources est consacrée aux affections de longue durée (ALD). A lui seul, le diabète représente 11% de ces dépenses, précise le communiqué.

La sensibilisation s’impose, car le diabète, en plus d’être une maladie silencieuse, est surtout un facteur de risque de plusieurs complications pouvant aboutir à des maladies cardiaques, l’insuffisance rénale, la cécité ou encore entraîner l’amputation de certains membres comme les pieds. Grave, cette maladie l’est encore plus lorsqu’elle reste méconnue. La FID a mené une enquête en ligne auprès de 7.000 personnes à l’issue de laquelle elle a dressé un constat. Ce dernier révèle que “malgré le fait que la majorité des personnes interrogées aient un membre de leur famille souffrant de diabète, quatre parents sur cinq auraient du mal à reconnaître les signes avant-coureurs (de la maladie) chez leurs propres enfants”. Ce qui, pour la FID, montre “le besoin d’éducation et de sensibilisation” permettant de mieux faire connaître les symptômes de la maladie: soif excessive, mictions fréquentes, manque d’énergie, vision floue, cicatrisation lente des plaies et engourdissement des pieds et/ou des mains.

Pour le ministère de la Santé, “tous les acteurs potentiels doivent mettre en œuvre des actions stratégiques de prévention et de gestion de cette maladie”. Soulignant que les femmes, les enfants et les personnes âgées représentent les catégories les plus vulnérables, le ministère affirme être “conscient de l’importance de la prévention et du contrôle du diabète”. Estimant qu’il s’agit de priorités dans sa stratégie de lutte contre la maladie, il précise que, chaque année, il réalise un dépistage du diabète auprès de 500.000 personnes à risque au niveau des établissements de soins de santé primaires, notamment les personnes ayant des antécédents familiaux de premier degré (père ou mère) diabétiques.

Le ministère affirme, par ailleurs, prendre en charge au niveau des établissements de soins de santé primaires plus de 823.000 diabétiques dont 60% sont des RAMEDistes et plus de 350.000 sont insulinotraités (traités par insuline). Une enveloppe budgétaire annuelle d’environ 156,7 millions de dirhams est consacrée à l’achat de l’insuline et des antidiabétiques oraux et une autre de 15 millions de dirhams à l’acquisition du matériel médico-technique et des réactifs devant assurer le dépistage du diabète et le suivi métabolique des diabétiques.

Diabète en hausse dans le monde, la tendance actuelle révèle “une crise sanitaire mondiale”, souligne le ministère dans son communiqué. Dans ce dernier, il relaie les estimations de l’OMS et de la FID (année 2017), selon lesquelles l’incidence et la prévalence du diabète poursuivent leur croissance. En preuve: le chiffre de 425 millions de personnes diabétiques dans le monde, qui pourrait, en 2015, atteindre 629 millions, soit une personne sur dix. Et d’après ces estimations, une personne sur deux n’est pas diagnostiquée tandis que le nombre d’enfants et d’adolescents de moins de 20 ans touchés par cette maladie de diabète de type 1 dépasse un million.

Une prévention primaire par la promotion d’un mode de vie sain reste le meilleur moyen de prévention. Vous trouverez dans cette vidéo de la Fédération française des diabétiques une réponse à vos questions sur “l’équilibre alimentaire et le diabète”.