MAROC
11/10/2018 11h:51 CET | Actualisé 11/10/2018 11h:54 CET

Le directeur général de Total Maroc: "Nous allons devoir dépasser la barre psychologique des 10 DH à la pompe" (ENTRETIEN)

Le secteur grignote sur ses bénéfices 2016 et 2017

RB

HYDROCARBURES - Aujourd’hui, Total Maroc génère près de 600 emplois directs et plus de 4.000 emplois indirects, commercialise 1,5 millions de tonnes de produits pétroliers chaque année et compte plus de 300 stations-service à travers tout le pays, dont dix autoroutières. Troisième acteur de la distribution de produits et services pétroliers dans le pays, l’entreprise détient une part de marché estimée à 15%. À l’occasion de l’appel à projet de la deuxième édition du challenge Startupper de l’année, le HuffPost Maroc a eu l’occasion de rencontrer Jean-Louis Bonenfant, directeur général de Total Maroc depuis septembre 2016. Entretien.

HuffPost Maroc: Quelles étaient les entreprises récompensées lors la première édition du challenge startupper de l’année ?

Jean-Louis Bonenfant: La première édition, lancée en 2015 dans plus de 30 pays d’Afrique, avait eu pas mal de succès. Au Maroc, nous avions récompensé trois jeunes créateurs d’entreprise: Omar Kadiri pour le projet Lok, Omar Tantaoui El Araki pour le projet Allo oustad et Amine Dehbaoui pour le projet Flextick.

Le chiffre d’affaires de Total Maroc a évolué de 20% ce semestre, malgré un marché en stagnation. Comment l’expliquez-vous? 

Nous faisons un métier dans lequel le chiffre d’affaires n’est pas représentatif. Si le baril vaut 60 dollars ou 120 dollars, le CA double aussi. C’est l’un des rares secteurs ou le chiffre d’affaires n’est pas un critère clé. L’indicateur clé, ce sont les mètres cube et les tonnes que nous vendons.

Suite au boycott lancé en avril dernier, avez-vous récupéré du volume de chez Afriquia?

Nous voyons nos ventes progresser de 8%. S’il y a bien selon moi un effet boycott d’Afriquia, celui-ci est toutefois impossible à chiffrer. Impossible de faire la part des choses entre la performance pure et le report des volumes dû au boycott.

Nombre d’observateurs remarquent une stagnation des prix à la pompe et la rapportent à la polémique sur les hydrocarbures. Y a-t-il une frilosité à répercuter les hausses de prix du baril sur le marché international a la pompe?

À chaque fois qu’il y a des périodes de hausses, il y a un pincement des marges. Le baril est à 87 dollars alors qu’il était à une soixantaine de dollars au début de l’année. Le résultat est la combinaison d’un volume en fort développement sur le semestre et encore jusqu’a septembre et une marge unitaire plutôt réduite. Il y a un effet de marché c’est sûr, international et local. 

Ici, c’est vrai qu’il y a cette barre psychologique de prix d’affichage de 10DH. Nous allons clairement devoir la dépasser puisque les cotations internationales ne cessent d’augmenter. À défaut, nous continuerons à grignoter sur les bénéfices engrangés en 2016 et 2017.

Au vu du prix du baril et de la méthode de calcul utilisé jusqu’a aujourd’hui, les prix ne devraient pas être aux alentours des 10,90 DH?

Un peu moins, je dirais plutôt vers les 10,50 DH.

Suite à la polémique sur les hydrocarbures, le Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM) proposera une nouvelle méthode de calcul. Pouvez-vous nous la détailler?

La notion introduite par le groupement est une sorte d’amortisseur de la hausse des prix. Pour y arriver le groupement propose de rendre une partie des taxes inversement proportionnelle à la valeur des cotations au lieu des taxes en pourcentage appliqués aujourd’hui. Plus les cotations montent, plus les taxes appliquées baissent. Il faut agir sur la fiscalité pour modérer les hausses des prix.

Y-a-t il un bras de fer entre le GPM et Lahcen Daoudi qui, lui, souhaite revenir au même système d’avant la libéralisation, c’est-à-dire un prix fixé tous les 15 jours?

Pas de commentaires.

Quand le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani va-t-il trancher sur la question?

Nous n’avons pas d’informations, ni de deadline, rien. Nous n’avons absolument rien entendu.

L’activité lubrifiant a connu une forte progression de 8% chez Total Maroc. Quelle est sa participation à la valeur ajoutée de l’entreprise?

C’est une activité très importante pour nous, nous avons 200 chercheurs en France qui travaille sur les carburants et les lubrifiants. Nous couvrons tous les segments et tout les types de clientèles, automobilistes, engins et industrie. Notre réseau de revendeurs franchisés est important aussi. Nous leurs donnons des arguments commerciaux et nous les accompagnons dans la formation. La participation de l’activité lubrifiants à la valeur ajouté de Total Maroc est de l’ordre de 15%.

Quid de l’activité aviation?

C’est une activité en forte progression. Il y a eu un développement du trafic aérien, des contrats que l’on a décroché sur le marché ainsi que des compagnies avec qui nous travaillons. La combinaison du marché en développement et de nos parts de marché donnent des résultats en forte progression. La participation de l’activité à la valeur ajouté est de l’ordre de 4 à 5%.

Comment se porte la Rolls des stations-service, Relais Bouregreg, le seul flagship de Total au Maroc inauguré en février dernier?

Elle marche bien. Particulièrement en été. Le chiffre d’affaires boutique a explosé grâce a la Croissanterie et le Starbucks. Nous avons aussi rechargé quelques véhicules électrique grâce aux bornes mises a disposition. Nous dépassons de 20% nos prévisions.