MAROC
06/06/2018 13h:10 CET

Deux Marocains sur trois sont pour sanctionner les non-jeûneurs pendant ramadan

La tolérance envers ceux qui mangent en public pendant le mois sacré varie en fonction de l'âge.

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Repas de la rupture du jeûne pendant ramadan sur la plage de Rabat, le 21 juin 2017.

SOCIÉTÉ - Un peu plus des deux tiers des Marocains (68%) sont favorables à la sanction de ceux qui mangent, fument ou boivent en public pendant ramadan, comme le prévoit l’article 222 du code pénal. C’est le résultat d’une enquête publiée mercredi 6 juin par le journal L’Économiste, menée avec la société de sondages Sunergia auprès de 1.000 personnes dont 604 issues du milieu urbain et 396 du milieu rural.

Néanmoins, un peu plus d’un Marocain sur cinq (22%) est contre la sanction des non-jeûneurs, et 7% pensent que “cela dépend des cas”. 3% ne se prononcent pas.

Cette enquête nous renseigne également sur les catégories de personnes les plus intolérantes à ceux qui ne pratiquent pas le jeûne. Ainsi, selon les résultats du sondage, les jeunes de 25 à 34 ans et les personnes âgées de 65 ans et plus sont les plus tolérantes envers les non-jeûneurs, puisque 28% des sondés parmi ces deux tranches d’âge sont contre la sanction de ceux qui mangent en public.

Ceux qui ont le plus tendance à vouloir punir les “déjeûneurs” pendant ramadan sont les hommes de 45 à 54 ans, appartenant principalement aux classes socioprofessionnelles moyennes ou pauvres, originaires du monde rural. Un peu plus de la moitié des catégories socioprofessionnelles élevées (51%) sont tout de même favorables à la sanction des non-jeûneurs.

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Vendeurs de pâtisseries traditionnelles pendant le mois de ramadan, à Rabat, le 22 août 2009.

La région d’origine des sondés change également la donne. Les personnes les plus favorables à la punition des non-jeûneurs proviennent des régions de Drâa-Tafilalet (84% se prononcent pour la sanction) et de Beni Mellal-Khénifra (83%), suivis de l’Oriental (81%), Marrakech-Safi (75%) et Souss-Massa (73%). Les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Fès-Meknès sont à égalité (70%).

Les régions les plus tolérantes envers les non-jeûneurs sont celles du Sud (45% des personnes interrogées sont contre la sanction), Casablanca-Settat (31%) et Rabat-Salé-Kénitra (28%).

Par sexe, les femmes sont un peu plus tolérantes que les hommes. Près d’une Marocaine interrogée sur quatre (24%) n’est pas favorable à la punition des “déjeûneurs”, contre un homme marocain sur cinq (20%).

Ce que dit la loi

L’article 222 du code pénal punit d’un à six mois d’emprisonnement et d’une amende de 200 à 500 dirhams quiconque “notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion”.