MAROC
06/07/2018 18h:14 CET

Deux marches nationales pour la libération des détenus du Hirak se préparent à Rabat et Casablanca

Deux marches mais un seul objectif: la libération des détenus sans aucune condition.

NurPhoto via Getty Images

MARCHE - Plus d’une semaine après le verdict, la colère est tenace. Deux marches seront successivement organisées au cours des deux prochains dimanches, à Casablanca et à Rabat. Objectif commun: appeler à la libération immédiate et sans condition des détenus du Hirak. Condamnés le 26 juin à des peines de prison allant d’un an avec sursis à 20 ans ferme, ces détenus sont, aux yeux des initiateurs des marches, “victimes d’une injustice”.

À l’appel des partis de gauche et des organisations démocratiques, la première marche prévue à Casablanca, le dimanche 8 juillet, démarrera à 10h, tout un symbole, sur la place de la Victoire. La seconde, elle, fera écho à un appel lancé par les détenus eux-mêmes représentés par leurs familles. Elle aura lieu le dimanche suivant à Rabat à la même heure à Bab El Had, d’après le Comité de soutien du Hirak.

Sur sa page Facebook, Nabila Mounib, la secrétaire générale du PSU et coordinatrice de la FGD, a lancé un appel à participation à cette marche. Dans une vidéo de près de 4mn, elle revient sur les événements d’Al Hoceïma. Elle y plaide la légitimité du Hirak et dénonce l’approche sécuritaire des autorités. 

La FGD se mobilise pour faire de cette démarche protestataire “une marche nationale populaire”, avec pour slogan “Pour annuler des condamnations injustes et répondre aux revendications légitimes du Hirak”. 

Rendez-vous pris, une quarantaine d’associations s’allie pour cette marche, non seulement par volonté, mais surtout par conviction. Le Mouvement Anfass démocratique a publié, aujourd’hui, un communiqué dans lequel 45 associations de différents horizons signent une déclaration destinée à l’opinion publique. Dans celle-ci, les signataires dénoncent à l’unanimité “les condamnations sévères” à l’encontre des détenus du Hirak et du journaliste Hamid El Mahdaoui. Ces associations expriment leur soutien “aux revendications légitimes des détenus”, estimant que le verdict à leur encontre remet en question les principes fondamentaux de la manifestation.

Mobilisées, les familles des détenus comptent rallier cette marche qui représente, pour elles, un soutien à leur revendication unanime à toutes leurs manifestations: la libération des détenus. Mohamed Ahamjik, frère de Nabil Akamjik, un des détenus du Hirak ayant écopé de 20 ans de prison ferme, a lancé un appel sur sa page Facebook. Dans son post, il dénonce “un verdict injuste” et appelle au nom de sa famille à la participation massive à la marche du 8 juillet sous deux slogans accompagnés des hashtags #Nous y participons tous et #Pour annuler les condamnations injustes.

Deux marches pour un seul objectif: la libération des détenus sans aucune condition. Les familles des détenus, les partis de gauche, les comités de soutien du Hirak et les associations seront au premier rang.

Avant cette marche, la FGD et Anfass avaient plaidé pour l’activation du principe d’amnistie visant ainsi à faire usage d’un moyen constitutionnel aux mains du gouvernement. Ainsi, après le verdict, les deux députés de la FGD, Omar Balafrej et Mustapha Chennaoui, ont déposé une proposition de loi d’amnistie générale non seulement en faveur des détenus du Hirak, mais aussi des personnes condamnées, ou dont le procès est en cours, interpellées suite à des manifestations pour des revendications sociales et économiques.

Anfass, de son côté, a lancé un appel aux parlementaires pour assumer leurs responsabilités par l’adoption d’une loi d’amnistie (en vertu de l’article 71 de la constitution marocaine) au profit de tous les militants des mouvements sociaux, en particulier les détenus du Rif.  

Dans cet élan de soutien, les avocats des détenus du Hirak ont aussi décidé de suivre le mouvement. Ils annoncent aux médias une conférence de presse lundi 9 juillet à 10h au siège du barreau de Casablanca. Le collectif de défense promet de tout dire, estimant être en droit de le faire après s’être “abstenu durant tout le déroulement du procès et avant la décision du tribunal (chambre criminelle de première instance ) en date du 26 juin dernier, de tout commentaire, dans le strict respect des principes de responsabilité”.