MAROC
19/06/2018 15h:39 CET

Détenus du Hirak: Les ONG demandent à rencontrer le ministre d'État chargé droits de l'Homme

D'autres responsables sont également interpellés de manière urgente.

AFP Contributor via Getty Images

DROITS DE L’HOMME - “Nous pensons solliciter une rencontre avec le ministre d’État chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid”, déclare au HuffPost Maroc Abdelilah Benabdesselam, coordinateur de la Coalition marocaine des instances des droits de l’Homme (CMIDH). Ce dernier ajoute que les ONG sont bien décidées à obtenir une réponse à leur lettre.

La lettre a été adressé par la CMIDH et le Comité de soutien du Hirak à Casablanca, le 13 juin, au ministre précité, ainsi qu’au ministre de la Justice, Mohamed Aujjar, au président du parquet général, au président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et au Délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion. Une semaine après, la coalition estime que l’urgence de la situation ne lui permet plus d’attendre.

Après la lettre, la coalition compte donc prendre l’initiative de demander un entretien auprès de Mustapha Ramid. “Ce sera, pour nous, l’occasion, d’exprimer de vive voix notre inquiétude quant à la situation des détenus du Hirak, mais aussi de soulever les différentes questions liées au respect des droits de l’Homme dans nos prisons”, indique le coordinateur de la coalition. Ce que cherche la CMIDH, plus précisément, c’est “une intervention d’urgence” pour “sauver la vie” de deux détenus du Hirak du Rif, Rabie Al Ablaq et Abdelali Houd, qui sont, d’après la coalition, “en grève de la faim” au pénitencier de Oukacha. Le premier aurait arrêté de se nourrir “depuis 16 jours”, tandis que la durée de la grève de la faim, pour le second, est de “20 jours”. “Ce qui nous inquiète le plus, c’est l’indifférence envers les revendications des détenus”, souligne les signataires de la lettre.

“D’après les familles de ces deux détenus grévistes, leur état de santé laisse à désirer. La grève de la faim les anéantis jour après jour”, alerte le coordinateur de la coalition, soulignant la gravité de la situation. La lettre appelle ses destinataires à “ouvrir un dialogue avec les grévistes en vue d’examiner leurs revendications légales et légitimes et de traiter la situation avant qu’elle n’aboutisse à un drame”.

Cette grève de la faim a été démentie par la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR). Cette dernière nous précise qu’“au jour d’aujourd’hui, aucun détenu dans le cadre des événements d’Al Hoceïma n’observe de grève de la faim”. Et d’ajouter que “Al Ablaq prend ses repas régulièrement” alors que “Houd n’a jamais fait partie de la liste de ces grévistes de la faim”. 

La coalition et le comité attendent, par ailleurs, de la part des destinataires de la lettre de procéder à l’évaluation des circonstances ayant amené à la détention puis à la poursuite des membres du Hirak, mais aussi des conditions dans lesquelles se déroule leur procès qualifié d’“inique”. Dernière revendication, et non des moindres: la libération des détenus.

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