MAROC
20/10/2019 16h:32 CET

Détenus du Hirak: La DGAPR dément la grève de la faim de Rabie El Ablaq

La défense du détenu affirme le contraire.

Capture d'écran
La prison locale Tanger 2 dément la grève de la faim de Rabie Al Ablaq.

HIRAK - Le journaliste Rabie Al Ablaq, détenu dans le cadre du Hirak du Rif, “n’a déposé aucun préavis de la grève de la faim et son activité quotidienne confirme que son état de santé est normal”, a affirmé l’administration de la prison locale Tanger 2, dans une déclaration relayée par la MAP. 

L’établissement pénitencier réagit suite à certaines informations publiées sur les réseaux sociaux concernant le détenu Rabie Al Ablaq, qui serait arrivé à son 43ème jour de grève de la faim. La même source précise qu’il n’a “jamais déposé de préavis de grève de la faim et qu’il n’a jamais refusé les repas qui lui ont été servis”.

Selon la MAP, l’administration de la prison locale Tanger 2 précise que le détenu a refusé de se soumettre à l’examen des indicateurs biologiques par le médecin de l’établissement. La même source précise que son activité quotidienne confirme que son état de santé est normal puisqu’il se déplace quotidiennement de sa cellule vers la cour de promenade (30 mètres), de même qu’il pratique plusieurs activités avec des détenus partageant la même cellule, sans montrer aucun signe de fatigue ou de perte de concentration généralement associé à une grève de la faim.

La défense affirme le contraire

Sur Facebook, l’avocate de Rabie Al Ablaq, Asma Elouadie, a écrit le 19 octobre que son client est toujours en grève de la faim et l’appelle à “se battre pour la vie et ne pas se laisser vaincre par la mort” puisque le pays “a besoin de [lui], [sa] mère et nous tous avons besoin de [lui]”.

Capture d'écran FB
Publication d'Asma Elouadie, le 19 octobre, sur Facebook

Le détenu avait déjà poursuivi une grève de la faim et de l’eau début 2019, qu’il avait arrêtée en mai. 

Dans une lettre adressée au chef du gouvernement, au ministre d’État chargé des Droits de l’homme et à la DGAPR, le 23 avril dernier, l’AMDH dénonçait la détérioration de l’état de santé de plusieurs détenus suite à leur grève de faim dont Rabie Al Ablaq. D’après l’association, il était “entre la vie et la mort”.

Ce dernier avait repris il y a quelques semaines une grève de la faim, moins d’un an après une autre tentative qui, selon le collectif de défense des détenus du Hirak, avait pris fin alors que le détenu était proche “d’une mort certaine”. En août 2017, le détenu avait été transporté à l’hôpital après 36 jours de grève de la faim.

Arrêté en 2017, Rabie El Ablaq a été condamné à cinq ans de prison ferme. Une peine qu’il purge à la prison de Tanger 2.