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06/11/2019 17h:12 CET | Actualisé 06/11/2019 17h:12 CET

Désinformation et aristocratie

Le politicien en Tunisie n’est pas dans une guerre culturelle ou idéologique, il est plutôt dans un combat d’influence.

microgen via Getty Images

Le lien entre les différentes sphères de pouvoirs est très fort en Tunisie, voire confus. Ainsi, ces sphères consolident les intérêts de chacun en instaurant un système de copinage à forte influence. Une des pistes qui pourrait expliquer l’instabilité politique et le profond dégoût envers l’élite qui règne.

Mondanité politique

La philosophie des lumières a été développée dans des salons littéraires restreints qui ne manquaient pas de convivialité. Ainsi, la Tunisie connaît la même chose dans un contexte historique où la théorie se résume exclusivement à l’action, à l’immédiateté. L’influenza se retrouve et décide. Journalistes, hommes d’affaires et avocats côtoient les hommes politiques proches et/ou dans le pouvoir par volonté de sécurité ou d’ascension professionnel.

La culture de l’échange de services n’a pas disparu depuis la révolution, et cela jusqu’au plus haut sommet de l’Etat et des institutions. Mais quel intérêt pour le politique? Pourquoi vouloir rendre service?

Créer les tendances

Le politicien en Tunisie n’est pas dans une guerre culturelle ou idéologique, il est plutôt dans un combat d’influence. En créant cette proximité avec les journalistes et les hommes d’affaires, il contrôle la vérité. Mais pourquoi acceptent-ils l’influence du politique? Car ces proies sont en quête continuelle de consolidation de ce copinage et donc, les confidences du politique vont être prises pour vérités, voir diffusées sur leurs organes respectifs. Ainsi le politique crée l’information qui l’arrange, que ce soit sur ses opposants ou sur lui même et délègue leur révélation à des personnes jugées plus influentes que lui, étant donné leur serment à l’impartialité. Mais ainsi que deviennent ceux qui refusent de pénétrer dans cette mondanité médiaticopolitique?

Les clans

Périodiquement, les clans se créent et se disloquent, selon les besoins. Si l’Etat privilégie certains médias et hommes d’influences, les autres s’organisent en opposition. Mais c’est bel et bien, cette cartellisation de la vie politique qui empêche toute impartialité de l’ensemble des acteurs influents. Or la neutralité n’est pas exigée, si son opposé est assumé. Refuser d’adhérer à un des clans, revient à disparaitre et c’est petit à petit, une fois les égos post-révolutionnaire étouffés, ce qui aboutira à un bipartisme étouffant. Faites donc vos paris: who will survive?

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