TUNISIE
31/08/2018 16h:08 CET

Désaccord entre la Tunisie et le FMI à propos du versement de la prochaine tranche du prêt

La Tunisie et le Fonds Monétaire International (FMI) semblent aujourd’hui être en désaccord quant à la date du versement de la prochaine tranche du prêt, soit 250 millions de dollars.

Kritchanut via Getty Images

Le versement de la prochaine tranche d’un prêt accordé par le FMI à la Tunisie semble être le sujet de désaccord entre les deux parties selon l’agence Reuters.

Ce prêt d’un montant de 2.8 milliards de dollars étalé sur quatre années a été approuvé en 2016, et soumis à des conditions.

Il vise en effet à appuyer “la vision économique et les réformes prioritaires” définies par les autorités tunisiennes dans leur “plan quinquennal” pour la période 2016-2020, avait précisé le chef de mission du Fonds pour ce pays, Amine Mati dans un communiqué, publié en 2016. 

Lire aussi:Accord de principe du FMI pour un prêt de 2,8 milliards de dollars

Ce plan “reconnait qu’il importe pour la Tunisie d’accélérer le rythme des réformes économiques pour réduire sa vulnérabilité (...), doper la croissance et favoriser la création durable d’emplois. Il est notamment “essentiel” pour le pays “de faire reculer sensiblement le chômage, en particulier celui des jeunes”, avait-il souligné.

La Tunisie et le Fonds Monétaire International (FMI) semblent aujourd’hui être en désaccord quant à la date du versement de la prochaine tranche du prêt, soit 250 millions de dollars.

Face à la situation économique critique dans laquelle se trouve le pays, le FMI semble se désister quant au décaissement de la prochaine tranche. 

“Le FMI est devenu plus strict dans ces négociations et a clairement fait savoir qu’il ne fallait pas rembourser la prochaine tranche à moins que ses conditions ne soient respectées”, a déclaré Ezzidine Saidane, analyste local. 

Les négociations concernent également la manière d’économiser 1 milliard de dinars supplémentaires (364,51 millions de dollars) cette année, en raison d’une facture énergétique plus élevée que prévu.

Selon le communiqué de Reuters, le FMI a exhorté la Tunisie à réduire son déficit budgétaire et à augmenter ses factures de carburant et d’électricité pour compenser la hausse des prix du pétrole, qui compromet les finances publiques déjà surchargées.

“L’équipe du FMI doit partir vendredi. Si aucun accord n’est conclu dans les prochaines semaines, il pourrait être difficile pour le fonds de préparer une nouvelle proposition de prêt jusqu’à sa prochaine réunion du conseil d’administration fin septembre, a indiqué une source proche des négociations”, lit-on sur le communiqué.

Toujours selon le communiqué, sans un rapport du FMI montrant les progrès, la Tunisie pourrait se trouver dans l’obligation de vendre des euro-obligations d’une valeur de 1 milliard de dollars pour aider à couvrir le déficit.

Le gouvernement a été contraint à augmenter le prix du carburant trois fois cette année, mais une source proche des négociations a déclaré à Reuters que le FMI voudrait mettre en place des augmentations mensuelles et augmenter les tarifs de l’électricité.

“Si le gouvernement faisait cela, il ferait face à des manifestations”, a déclaré la source.

“Le gouvernement semble se trouver dans une situation plus complexe que jamais, d’autant plus qu’il a entamé des négociations avec l’UGTT en raison de la baisse du pouvoir d’achat”, a déclaré Saidane. “Le gouvernement peut augmenter les prix de l’essence ... mais ce n’est peut-être pas suffisant pour obtenir le prochain versement du prêt”.

Avant son éviction, vendredi, par le chef du gouvernement, le ministre de l’Énergie et des mines avait affirmé à la presse locale qu’une nouvelle augmentation du prix du carburant était à prévoir dès le mois de septembre.

Selon certaines rumeurs, cette hausse pourrait être comprise entre 70 et 80 millimes par litre.

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