TUNISIE
29/03/2018 16h:58 CET

Des Tunisiens instrumentalisés économiquement et sexuellement à l'étranger et autres sévices: Le cri d'alarme de Raoudha Labidi

La présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes tire la sonnette d'alarme.

12963734 via Getty Images

Si l’instrumentalisation économique et sexuelle des enfants est un fléau qui revient constamment dans les médias, il continue pourtant de persister. Il suffit de faire un tour à Tunis pour le constater: des mendiantes traînant un nouveau-né avec elle, des gamins vendant des mouchoirs, etc. 

Raoudha Labidi, présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes, est intervenue sur les ondes de Mosaïque Fm pour étayer l’ampleur de cette forme de traite humaine. 

Elle a ainsi révélé que certains de bébés ne sont pas réellement les enfants des mendiantes mais “loués à la journée” par leurs parents en contre partie d’une somme d’argent, qui varie selon les gains de la mendiante pendant sa journée. 

La problématique des enfants aides ménagères continue encore avec son lot de pratiques inhumaines. Labidi évoque les cas de filles très jeunes “vendues” à des familles pour faire le ménagère. Elle a cité l’exemple d’une fillette qu’on oblige à dormir dans une baignoire

“La pauvreté des familles de ces fillettes ne justifient pas de les vendre”, a lancé la présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes. 

Il existe une autre forme d’exploitation qui consiste à payer sa dette envers quelqu’un en travaillant pour lui gratuitement. “Le payement de la dette n’arrive pas à échéance, ce qui fait que ça dure pendant longtemps”, a-t-elle alerté. 

Des bureaux d’emploi dans l’illégalité

Raoudha Labidi a tiré la sonnette d’alarme quant aux bureaux d’emploi promettant des offres de travail à l’étranger. Ces derniers fleurissent et sont pour la plupart créés de manière illégale car ils ne répondent pas aux critères posés par la loi.

Fait encore plus grave, ils jouissent d’un impunité totale car ils ne sont soumis à aucun contrôle de la part des institutions de l’Etat. “On ignore où sont envoyés nos jeunes via ces bureaux: vers Daech, vers la prostitution ou l’exploitation économique”, s’est insurgée Labidi. 

Elle a aussi révélé les insoutenables situations dans lesquelles se trouvent jeunes femmes prises au piège de la prostitution ou du travail forcé. 

La présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes a fait savoir que ces bureaux gagnent beaucoup d’argent pour chaque personne qu’ils envoient. Pour faire leur publicité, ils affichent sur les réseaux sociaux, les visas, les photos et autres informations sur leurs clients en violation totale de la protection des données personnelles. 

“Ce dossier est notre priorité”, a-t-elle lancé, en promettant de combattre ce phénomène en faisant appliquer la loi. Dans ce cadre, elle a noté qu’elle attend toujours la mobilisation des députés de l’ARP à ce sujet. 

 

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