TUNISIE
08/11/2018 12h:50 CET

Des somnifères contre l'insomnie? Voilà plutôt cinq alternatives techno

"Mieux dormir sans se faire endormir"

BIEN-ÊTRE - “Bien dormir, mode d’emploi”. Si le hors-série de 60 millions de consommateurs dédié au sommeil et publié ce jeudi 8 novembre alerte sur certains médicaments et compléments en vente libre utilisés pour les troubles du sommeil, il propose également plusieurs alternatives naturelles pour lutter contre les troubles du sommeil.

De la méditation à l’hypnose en passant par la sophrologie, l’acupuncture, la phytothérapie, le yoga, même l’ASMR ou tout simplement la sieste, l’éventail de solutions non médicamenteuses pour mieux dormir recensées par 60 millions de consommateurs est très fourni.

Mais si la vue d’une simple aiguille vous fait tourner de l’œil, si votre souplesse digne d’une planche en bois vous fait fuir les salles de yoga ou si les tisanes à la camomille ne sont pas votre tasse de thé, s’en remettre la technologie peut-il, dans certains cas, assurer des nuits plus sereines?

Le magazine liste ainsi plusieurs accessoires et autres gadgets -plus ou moins technologiques- qui peuvent parfois faire office de complément pour vous réconcilier avec Morphée. Le HuffPost a interrogé le Dr Céline Martinot, psychiatre spécialiste des troubles du sommeil et médecin au centre interdisciplinaire du sommeil, sur l’efficacité de ces accessoires mieux dormir sans se faire endormir.

Distinguer santé et bien-être liés au sommeil

Hormis la luminothérapie dont les effets sur la santé ont depuis longtemps été scientifiquement prouvés, comme le précise 60 millions de consommateurs, “les autres produits listés ici sont plutôt de l’ordre du bien-être que de la santé”, nuance Céline Martinot.

Puis de poursuivre: “dans tous les cas, aucun des objets listés n’est néfaste mais pour la plupart d’entre eux, aucune ou peu d’études scientifiques sérieuses ont attesté de leur efficacité médicale, on ne peut donc les prescrire.” 60 millions de consommateurs précise d’ailleurs pour chacun d’eux leur reconnaissance ou non par la communauté scientifique.

“Mais le bien être peut avoir un impact sur le médical”, ajoute l’experte qui est aussi médecin coordinateur du réseau Morphée, consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil. Ces objets qui se veulent des aides au sommeil “peuvent tous avoir un certain effet positif, presque placebo, bien que sans preuve médicale de leurs bénéfices”, explique Céline Martinot.

“Le fait d’être dans de bonnes conditions, de s’accrocher à quelque chose qui nous met dans une démarche positive, permet de sortir du cercle vicieux dont souffre tout insomniaque qui consiste à se fixer sur l’échec de ne pas arriver à dormir”, précise la psychiatre.

Lampe de luminothérapie, un phare dans la nuit des insomniaques

“Le principe de la luminothérapie repose sur le fait que la lumière est le premier synchronisateur de notre horloge biologique”, commence Céline Martinot avant de poursuivre: “cette lumière influe sur la sécrétion de mélatonine- l’hormone du sommeil- qui gère notre cycle réveil/sommeil.”

“En fonction le moment auquel on s’expose à cette lumière, on peut influer sur la sécrétion de mélatonine afin de recaler notre horloge biologique sur un bon rythme”, précise la psychiatre. Mais toute lumière artificielle n’est pas bénéfique, 60 millions de consommateurs conseille une lampe de luminothérapie qui doit émettre une lumière blanche de 5000 lux à 50 cm du visage afin que les paupières reçoivent 2500 lux” comme le modèle “TL 70” de Beurer.

Parfois, la lumière est l’ennemi du sommeil60 millions de consommateursdéconseille de s’exposer à la lumière bleue émise par les écrans de smartphone ou d’ordinateur. “La lumière bleue nuit à la sécrétion de mélatonine et donne l’impression à notre corps qu’il fait jour”, explique Céline Martinot.

Un problème que vous pouvez combattre à la source sur les derniers modèles de smartphones. “Sur les appareils récents, il est possible d’activer le filtre de lumière bleue. Sur iOS, le mode ‘Night Shift’ ajuste même la filtration en fonction de l’heure”, précise le magazine.

Les écouteurs de sommeil, des boules “Quies” de luxe?

Version high-tech et ô combien coûteuse des fameuses boules “Quies” développée par Bose, les “Sleepbuds” sont des écouteurs sans fil, intra-auriculaires censés diffuser des sons d’ambiance se voulant apaisants afin de vous protéger des bruits extérieurs.

Dans son test, le site 20 Minutes conclue que “les ‘Sleepbuds’ sont efficaces, ne sont jamais tombés et ne nous ont jamais gênés. N’étaient ces problèmes récurrents de connexion et leur utilisation se solderait presque par un sans-faute. Dans l’état, leur tarif, 269 euros, nous semble encore bien élevé pour un équipement qui, s’il rend des services évidents, peut aussi générer une certaine forme de frustration.”

Et Céline Martinot de préciser: “médicalement, on n’a jamais prouvé le fait que les bruits doux permettent de s’apaiser et maintenir un sommeil car cela reste un stimulus sonore qui ne fait que remplacer des bruits certes désagréables, mais qui reste du bruit”, précise Céline Martinot.

Le bandeau “Dreem”, pour analyser son sommeil

Développé par la start-up française “Rythm”, le bandeau connecté “Dreem” est censé analyser l’activité cérébrale, la fréquence cardiaque, respiratoire et les mouvements pendant le sommeil. A partir de ces données, le bandeau émettrait alors des ondes sonores censées favoriser le sommeil.

60 millions de consommateurs et Céline Martinot s’accordent à dire que l’efficacité des ondes émises par ce bandeau n’a été attesté dans aucune revue scientifique sérieuse. Mais ce bandeau “se révèle un bon outil d’analyse de l’activité cérébrale pendant le sommeil”, précise le magazine.

Si elle peine à lui trouver une utilité du point de vue de l’utilisateur, hormis les données brutes d’analyse du sommeil, Céline Martinot pense “qu’à terme et en évoluant, ce bandeau pourra trouver une vraie utilité médicale.”

Un simulateur d’aube pour un réveil en douceur

Le “Bodyclock Starter 30” (littéralement “déclencheur d’horloge biologique” en anglais) est un simulateur d’aube qui vise à reproduire la lumière produite par un lever de soleil. L’augmentation progressive de la luminosité conduit l’organisme à cesser la production de mélatonine, l’hormone du sommeil et permet ainsi d’émerger progressivement et plus facilement de son sommeil.

Cité par 60 millions de consommateurs, le Dr Bertrand de La Giclais, responsable du centre du sommeil d’Annecy-Argonay, détaille que “par leur lumière d’intensité progressive, les simulateurs d’aube font remonter le dormeur dans la phase de sommeil léger, qui est une bonne phase pour émerger. Cela permet donc un bon réveil.” Un bon réveil qui n’impose une rupture brutale de votre sommeil améliore ainsi la qualité de ce dernier.”

“Le but c’est de se réveiller dans le bon cycle de sommeil en remontant dans des cycles de sommeil dits légers”, explique Céline Martinot avant d’insister: “cela n’a rien à voir avec la luminothérapie mais peut être utile pour des personnes qui ont du mal à sortir de leur sommeil.”

Un métronome lumineux pour dormir en tempo

Le métronome projette au plafond un halo lumineux dont le diamètre augmente et diminue selon un rythme précis. Le but est de caler sa respiration sur le tempo imposé par le métronome.

La technologie du métronome lumineux “Dodow” de “Livlab” cité par 60 millions de consommateurs repose sur la cohérence cardiaque, reconnue scientifiquement et utilisée notamment dans le cadre de la méditation de pleine conscience.

“Il faut un professionnel qui vous explique comment faire, si il faut le faire et surtout si c’est suffisant au regard du trouble du sommeil dont vous souffrez”, précise Céline Martinot.

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