TUNISIE
06/08/2018 17h:16 CET

Des poissons morts échoués sur la plage de Gabès (VIDÉO, PHOTOS)

Un sit-in a été organisé par les habitants de la ville pour lancer un cri d’alarme sur la situation écologique à Gabès

Dimanche, des pêcheurs de la région de Gabès ont été surpris par la présence d’une grande quantité de poissons morts rejetés par la mer et recouvrant la plage de Chatt Essalem. 

Des kilomètres de littoral étaient, ainsi, jonchés de carcasses de poissons, comme le montrent les photos et la vidéo ci-dessous. Ces images faisant le tour de la toile ont suscité l’indignation des internautes qui, choqués par ce désastre, ont lancé un cri d’alarme sur la catastrophe écologique qui frappe Gabès. 

“Une grande catastrophe a lieu à la plage d’Essalem qui dégage de l’ammoniac et qui donne lieu à ses images (...)” 

Selon eux, ces poissons pourraient être empoisonnés par des substances chimiques déversées dans la mer par les usines. D’après le correspondant de Mosaïque Fm à Gabès, il pourrait s’agir soit de l’ammoniac ou du phosphogypse, le rebut de l’exploitation du phosphate. D’après lui, des milliers de tonnes de ces poisons sont jetés chaque jour par le Groupe Chimique.

Ce dernier a, toutefois, rassuré que le poisson qui se trouve dans les marchés est consommable et ne représente aucun danger. 

Un sit-in a été organisé, ce lundi, par les habitants de la ville pour protester contre ce phénomène et revendiquer une solution radicale à ce type d’incident, rapporte Mosaïque Fm. 

Installé depuis les années 70 à Gabès, le Groupe chimique tunisien (GCT, public) donne lieu au déversement en mer de grandes quantités de phosphogyse, une boue nuisible à l’environnement.

Longtemps restés tabous, les dégâts engendrés par la transformation du phosphate a défiguré la zone et causé des problèmes sanitaires et environnementaux. Certains assurent même que cette pollution est à l’origine d’une recrudescence de cancers dans la région. Après la révolution de 2011 qui a mis fin à la dictature, des voix se sont élevées pour dénoncer cette pollution.

Le Chef du gouvernement Youssef Chahed a signé en juillet 2017 un programme visant ”à démanteler progressivement les six unités de production” existantes et à les remplacer “par une nouvelle zone industrielle conforme aux standards internationaux” en matière d’environnement.

Ce projet, d’un montant “record” de 3,2 milliards de dinars et qui bénéficiera d’une aide internationale, prévoit le remplacement de deux unités de production à un rythme biannuel.

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