MAROC
06/01/2019 15h:19 CET | Actualisé 06/01/2019 15h:20 CET

Des personnalités françaises lèvent la voix contre l'augmentation des frais d'université pour les étudiants extra-européens

"C’est un mur de l’argent que le gouvernement est en train de construire contre les étudiants étrangers."

Tara Moore via Getty Images

SCOLARITÉ - Après la pétition, une tribune. De nombreuses personnalités  françaises ont pris la plume pour dénoncer la mesure envisagée par le gouvernement français: la hausse des droits d’inscription à l’université pour les étudiants qui ne viennent pas de l’Union européenne. Le Journal Du Dimanche a publié leur tribune, ce 6 janvier.

“Officiellement, le programme s’appelle ‘Bienvenue en France’, et il se fixe l’objectif louable de mieux accueillir les jeunes du monde entier sur les campus de nos universités. Mais à y regarder de plus près, c’est un mur de l’argent que le gouvernement est en train de construire contre les étudiants étrangers”, lancent dès les premières lignes les signataires parmi lesquels figurent l’ex-footballeur Lilian Thuram, l’actrice Isabelle Adjani ou encore le cinéaste Nicolas Philibert.

L’annonce de cette mesure, en novembre dernier, a fait beaucoup de bruit en plus d’inquiéter. Rapidement, une pétition avait était lancée sur le site Change.org. Elle a pour le moment récolté plus de 300.000 signatures. De son côté, le gouvernement français a tenté de justifier cette décision. “Le discours d’Édouard Philippe laisse entendre que le faible coût des diplômes serait la première motivation des étudiants qui viennent en France”, rappellent les signataires de la tribune. “L’argument est honteux: les enseignants qui ont eu dans leurs cours des étudiants internationaux savent combien ils sont attachés à ce que la France représente dans le monde, et avec quelle énergie ils participent à la vie intellectuelle et culturelle du pays”.

“C’est à leur rêve d’étudier en France que cette mesure met fin”

Pour convaincre, ils sortent les chiffres. “Cette augmentation menace d’abord les étudiants les moins fortunés: 21.000 bourses seulement sont prévues, pour 340.000 étudiants étrangers à l’heure actuelle”, soulignent les personnalités signataires. Rappelant que la plupart des étudiants étrangers qui viennent en France ne peuvent pas se payer ces droits, il soulignent “c’est donc tout simplement à leur rêve d’étudier en France que cette mesure met fin. La ‘stratégie d’attractivité’ se résumerait alors à dire : étudiants pauvres, dehors”.

La mesure prévoit des frais de scolarité qui s’élèvent à 2.770 euros en licence et 3.770 euros en master et doctorat. “Alors que la France est un des pays développés qui consacre le moins d’argent à l’enseignement supérieur, la réponse du gouvernement au sous-financement des universités consiste à leur demander de faire payer tous leurs étudiants, y compris les plus pauvres”.

Après avoir pris comme exemple le système financier des universités américaines, où les étudiants s’endettent avant-même d’entrer dans la vie active, les signataires rappellent que la France devrait être fière de ce qu’elle est: un “pays qui considère que le savoir n’est pas un service comme un autre”.

Les signataires appellent le gouvernement au retrait de cette mesure et à l’ouverture d’un débat national sur le système de financement des universités. “Nous appelons tous les citoyens, quelles que soient leurs sphères d’activité, à soutenir cet appel et à défendre ce bien commun qu’est un enseignement supérieur accessible à tous. Refusons ce nouvel obstacle à la justice sociale. Ne laissons pas le mur de l’argent monter toujours plus haut”, concluent-ils dans leur pétition.