TUNISIE
20/05/2019 15h:07 CET | Actualisé 20/05/2019 15h:12 CET

Des non jeûneurs terrorisés par la police dans pendant Ramadan, la LTDH fustige

À Sfax, Kairouan, Sousse, El Mourouj ou encore Bouargoub, des clients de cafés ouverts durant la journée, ainsi que leurs gérants, ont été conduits aux postes de police...

FAROUK BATICHE via Getty Images
Photo d'illustration.

Depuis le début du mois de Ramadan, plusieurs non jeûneurs et propriétaires de cafés ouverts en journée ont été inquiétées par la police a affirmé la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, fustigeant une telle atteinte aux libertés.

Dernier cas en cas, celui de Abdelmajid Djemel, directeur du département Histoire à la faculté des lettres et des Sciences sociales de Sfax.

Dans une publication publiée via sa page Facebook, celui-ci a raconté, une mésaventure, vécue, dimanche.

Alors qu’il était dans café, avec des collègues au courant de la journée, un policier en civil y fait irruption et demande les cartes d’identité des clients relate-t-il. “Je lui ai demandé sa carte professionnelle, ce que m’autorise la loi. Il a réagi en me montrant son pistolet personnel en disant devant tout le monde: ‘la voilà mon identité’”. 

“Depuis quand une arme est-elle une preuve de l’identité? Chokri Belaid et Mohamed Brahmi n’ont-ils pas été tués par une personne en civile?” s’est-il interrogé.

Emmenés au poste de police, Abdelmajid Djemel affirme avoir été bien reçu par le commissaire qui après avoir vérifié leurs identités, les raccompagna au lieu où ils ont été arrêtés.

“Ce que je retiens, c’est que la question des libertés individuelles entraine encore de vives réactions après la révolution (...) Avec le plus profond respect que nous avons pour les forces de l’ordre, certains -et j’ose espérer que ce ne soit qu’une minorité- ont encore besoin de plus de formations juridique et au niveau du respect des droits” a-t-il indiqué.

La LTDH fustige

La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (LTDH) a exprimé lundi son refus de toute violation des libertés individuelles, dénonçant à ce propos les descentes effectuées par la police dans les cafés ouverts le jour durant le mois de ramadan.

“Les forces de l’ordre ont terrorisé les personnes fréquentant ses lieux pour des raisons sans fondement”, estime la LTDH, considérant ces pratiques comme une violation criante de la liberté de culte et de croyance garantie par la Constitution.

Dans une déclaration rendue publique lundi, la LTDH a fait part de son soutien absolu avec les victimes de ces violations et les a appelé, dans ce sens, à poursuivre les auteurs de ces violations en justice.

 

La Ligue a pointé du doigt les descentes de police survenues dans plusieurs villes dont celles de Bouargoub (Gouvernorat de Nabeul) et d’El Mourouj (Gouvernorat de Ben Arous) ainsi que les gouvernorats de Sousse, Kairouan et Sfax. Des citoyens ont été conduits au poste de police à Sfax et des gérants de cafés ont été arrêtés dans le cadre de ces descentes.

La LTDH a appelé, à cet effet, le ministère de l’Intérieur à mettre un terme à ce genre d’agissement. Elle a, également, demandé à la présidence de la République d’assumer ses responsabilités pour préserver les libertés, et notamment la liberté de croyance.

La Ligue a souligné que le rôle de l’Etat est de protéger les libertés individuelles et non de les violer sous aucun prétexte, qu’il soit de nature morale ou sécuritaire.

Elle a exhorté, à ce sujet, tous ceux qui sont concernés par les causes de la liberté de conscience, le droit à la différence et toutes les instances nationales et régionales de la société civile, à jouer pleinement leur rôle dans la préservation des droits fondamentaux des citoyens.

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